30 juillet, 2011

Salut mon grand...

Salut mon grand, c'est môman. Ch't'entrain d'prendre un allongé... J'me demandais si ça t'intéressait d'savoir qu'aujourd'hui, j'ai décidé d'me suicider ? ... Y'é chaud mon café mon bébé. C'pas comme mon coeur que tu peux pas réconforter.

Salut mon grand, c'est môman. Ben, ta mère c't'affaire ! T'en as rien que ben juste une ! Chu fatiguée mon grand. Tu l'vois tu dans mes yeux ? Non. Tu peux pas l'voir. Tu viens pas m'voir. C'pas grave, môman comprend. Une mère, c'est faite pour ça. Mais oui, ch't'épuisée. Brûlée à force d'essayer d'arrêter d'm'éteindre. Parce que le feu, avant, y brûlait en masse en d'dans. Mais là, y brûle pus. Quelqu'un a trop soufflé d'ssus. P'tête ben qu'c'est ma vie. Ou p'tête que c't'à force d'me tromper. C't'épuisant t'sais...

Salut mon grand, c'est ta mère. Ben, celle qui a pris soin d'toi toute ta vie. J'ai aimé ça tu l'sais ben. J'ai aimé t'aimer. J'ai juste vécu pour ça... J'vas t'aimer encore, dans l'au-delà, même si ça n'existe pas. Parce que tu l'sais ben que ch'crois pas à ça ces maudites affaires là ! Tout c'que j'sais, c'est que là où j'veux aller, j'aurai ben l'droit d'rêver. T'sais, tous mes rêves de p'tite fille dont ch't'ai jamais parlé ? Parce que moi, j'étais juste là pour écouter...

Salut mon grand, c'est môman. À soir, j'ai triché. J'ai fermé mes yeux sur l'autoroute en revenant du ciné. J'voulais juste voir si mon temps y'était venu. Pour vrai j'veux dire. Tu crois-tu qu'on a une destinée toi ? ... Chu encore là, ch'sais pas quoi faire ni où aller. J'bois mon café en m'demandant comment mourir sans trop souffrir. Entéka, sans souffrir plus que drette là, assise sur mon cul tu-seule dans un café branché avec du monde autour qui rit en s'écoutant même pas parler.

Salut mon grand, c'est môman. Quand ch't'ai vu aujourd'hui, ch't'ai trouvé beau. Ch'peux des fois même pas croire que t'es sorti d'mon ventre tellement t'es plus beau que toute c'que j'ai croisé en 40 années à regarder à gauche pis à drette pour jamais rien manquer... Tu vas m'manquer là où j'm'en vais, mais chu sûre d'une chose: là bas, j'vais l'entendre encore ta belle musique. Celle que tu joues avec tes doigts, mais surtout celle que tu joues dans ta tête quand t'écris tes belles phrases qui font pas d'sens les unes à côté des autres. T'écris ben mon gars. T'écris c'que tu dis pas. Parce que "dire", estie que ça fait trop mal...

Salut mon grand, c'est môman. Tu savais qu'on peut toujours parler, personne écoute ? Dis c'que t'as sul coeur, aller ! J'vais toujours être là, promis juré ! Ferme tes yeux. Tu m'vois-tu ? Te souviens-tu quand ch'te berçais ? Moé, j'm'en souviens presque pus. C'peut-être pour ça que je meure, j'sais pas, j'sais pus, mais laisse-moi me l'imaginer une fois d'plus. Accote ta tête bébé chéri... Ta môman est pus là, c'est ben maudit.

Salut mon grand, j'étais ta môman. Braille pas astheure que chu partie ! C'pas d'ta faute, chu juste une faible, sois plus fort que moi, ch't'en prie ! J'sais pas encore comment j'vas l'faire ni où ni quand ni avec qui ! Ben voyons ! Chu tu-seule calice, avec qui ! C't'une question d'marde, on meurt comme on vit !

Salut mon grand, c't'encore moi. Donne de tes nouvelles. Fais semblant d'parler au ciel ! T'auras l'air un peu fou, c'pas grave ! Tu diras qu'c'est dans tes gènes, que ta mère c'était une crisse de folle pis dis le en riant, ça détend. Rire. Ça détend. Ça fait un boutte que j'ai pas ri. Chu un peu tendue, ça parait-tu ?

Salut mon grand, oui oui, j'achève. Ch'te laisse aller. J'veux juste te dire une dernière chose, c'est que ton père, j'l'ai ben aimé. Y m'a donné l'plus beau cadeau du ciel. Toé pis tes yeux bruns qui m'ont tellement regardée bébé. Avec toé, j'me suis sentie aimé des fois, pis ça, ch'te l'dois grandement, merci, merci mon fils adoré.

Salut mon grand, c'est môman, oui oui, j'ai presque fini. Dis leur juste que j'veux pas être enterrée pis que j'veux que tes frères peuvent jouer autour de l'urne sans s'chicaner. Ah oui aussi, dis à mon chum qui reste 'à maison, de toute façon y m'aimait pus, moi les hypocrites, j'en ai plein mon cul. Tu consoleras tes grands-parents si jamais y pleurent, pis tu feras jouer du blues, t'sais qu'y a rien d'meilleur.

O.K, môman y va, a l'a trouvé comment. A va mourir d'amour, ça devrait pas être évident. Parce que la vie c'est pas mal ça. Une histoire d'amour qui s'termine par une grosse peine. Une peine qui te déchire le sternum, qui te coupe le souffle pis qui te fait connaître la haine. La haine de tout c'que t'as jamais connu, la haine pour tout c'que t'as jamais pu faire, de c'que t'as jamais vécu...

Quand t'es parti tantôt, ch't'ai regardé longtemps. T'as rien vu, mais ch't'ai envoyé la main pour te dire bye bye, pour te dire "vis mon fils", vis aussi pour moé, chu ben fière de c'que t'es, de c'que t'as connu, de c'que t'as pu faire, de c'que t'as vécu.

Môman.

**Fiction


27 août, 2010

Anorexie

Le ventre vide, le coeur sec, j'me déballe de tout mon long.
Devant l'miroir, y'a rien à voir, que veux-tu, mon monde est con.
Dedans mon âme, toute grignotée, par les dents d'l'amour pas commencé,
J'me criss de "toute", j'me criss de moé, j'veux déguerpir sans me tuer...

J'me tends la main, j'me vois petite,
Plus qu'une ombre pleine de bullshit.
J'te tends la main, tu n'es plus là,
T'es parti avec un "boutte" de moi.

Le ventre vide, les yeux hagards, je m'déshabille de mes pensées.
Devant l'miroir, y'a tout à voir, que veux-tu, j'suis obsédée.
Dedans mon âme, ratatinée, par le froid que tu y'as installé,
J'me sacre de "toute", j'me sacre de toé, j'veux m'étourdir sans me saouler...

J'me tends la main, j'me vois grandie,
Plus qu'un corps sans interdit.
J'te tends la main, t'es encore là,
T'es pas parti avec mes tracas.

Le ventre vide, le corps rangé, je me pèle de ta vérité.
Devant l'miroir, il n'y a plus rien, que veux-tu, j'suis dérangée.
Dedans mon âme, toute effacée, par les souvenirs que tu y'as dessiné,
J'me prive de "toute", j'me prive de toé, j'veux disparaître, pour mieux m'trouver.

J'me tends la main, j'me vois mourir,
Plus qu'avant de t'voir sourire.
J'te tends la main, tu la prends contre toi.
Je t'ai imaginé, tu n'existais pas.

14 mai, 2010

La mort du sale menteur.

Pedro était un sale menteur. Il déambulait à travers ses journées comme si elles étaient des nuits, il se prenait pour James Bond alors que tout pour lui était fortuit. Il était un gars bien ordinaire avec des mensonges extraordinaires, ce qui faisait de lui en fait, un être EXTRA ordinaire ! Il était convaincu que personne ne savait que sa langue était fourchue et que son nez était parfois beaucoup plus pointu. Il continuait de raconter les mêmes chansons. Non mais à quoi bon dire la vérité lorsqu'il est bien plus marrant de tout inventer ?

Seul sur son île lorsqu'il jouait de la guitare, Pedro restait pensif, le regard hagard. Il savait que dans son jardin secret, il cultivait de petits et grands remords et que c'était aussi à lui qu'il causait du tort. Peut-être que dans sa propre vie, il était si malheureux qu'il s'écrivait des histoires sans fins pour paraitre moins peureux ? Trouillard face à l'avenir qui se préparait, plus jamais peinard sur ses lauriers qui lui plaisaient... Maintenant, il était temps de devenir grand, un vrai petit homme, Pinochio imprudent !

Il a laissé derrière son frère, sa mère et ses camions et puis il s'est mis à composer des chansons. Des chansons de bière et de sexe gratuit, une copine étoile de mer dans laquelle il crache sans bruit. Il a les clés d'une voiture qui ne lui appartient pas, qui lui sert de môtel ou d'appât à nanas. Roule, roule ton char grand Pinochio, jusqu'à Québec ou jusqu'à ce que le réservoir soit à sec. Roule, mais tu ne te sauveras pas, l'âge adulte est au prochain tournant, jamais tu ne l'éviteras ! Ferme tes yeux, retire ton pied de l'accélérateur. Ouvre tes yeux, te voilà majeur.

Pinochio joue une jolie gamme. Dans ses yeux bruns voguent des tas de larmes. Voilà qu'elles coulent sur ses joues d'enfant perdu, celles là même que sa mère avait déjà mordues. Mordre d'amour son petit bébé, celui qu'elle a toujours voulu protéger... Pinochio brouillonne maintenant sa plus belle composition. Elle parle de maturité, de travail, d'acharnement et d'opportunités. Il veut créer en toute liberté, mais avant tout, il a soif de vérité. Le sale menteur restera sur l'île, il clame sa mort, voilà, ainsi soit-il.

Pedro regarde le fleuve qui l'a vu grandir, se lève d'un bond, pose sa guitare et se met à rire en regardant nulle part. Plongeant ses mains au fond de ses poches, il retourne voir son frère duquel il était si proche. Pour le serrer peut-être ou seulement pour se rassurer, qu'il reste encore en lui, un once du petit garçon gâté... Ne vieillis quand même pas trop vite petit Pedro de bois, car tes histoires dures à croire sont quand même drôles parfois...

16 avril, 2010

Autrement.

Il n'était pas grand ni petit. Il était différent et indifférent. Il aimait le rose et les cheveux longs des filles qu'il adorait, les robes de princesses, les Barbies et les tendres caresses. Il aimait imiter les plus populaires chanteuses en dansant à leur manière sexy, manières féminines, même sans robe ni crinoline.

Il ignorait les garçons qui l'ignoraient aussi. Les camions, les voitures de courses, les vêtements de guerre ou les collections de pierres, tout ça l'embêtait, lui, Roi de la sainte paix. Sa bataille à lui était intérieure, celle qui lui tiraillait le coeur. Il savait qu'il était autrement, que la masculinité ne lui convenait pas vraiment. Malgré tout, il avait ce sexe, celui qu'il aurait aimé renier pour avouer sa crise d'identité...

Il a 8 ans et se demande encore pourquoi il est garçon en ce monde puisqu'il n'est pas d'accord. À 10 ans, rira-t-on de lui ? De ses préférences qui ne lui réservent aucune avance ? Il aimerait vivre à reculons, revenir dans le ventre de sa mère qui le berce malgré la vie amère... Il vivrait comme un seul homme dans un monde de femmes qu'il en serait heureux, surtout sans autre amalgame ! ...

Il se regarde et voudrait être joli, recouvert de tissus léger qui valserait sans bruit. Ses yeux noisettes, ses grands cils si blonds, sa frange qui recouvre un peu son regard timide lui donne un air tristement avide. Avide d'amour, toujours l'amour. «M'aimes-tu dis moi ?» était presque son patois... Oui, je t'aime, t'aime tellement ! Toi, petit être autrement.

À 12 ans et à 18, que lui réserve la suite ? Des moqueries, des découvertes ? L'amour d'un homme ou des jurons pour une crisse de tapette ? ... Vas, je te protégerai. J'essaierai du moins de peut-être t'en éviter ! Cette douleur qui t'attend dans le détour, petit être autrement, vois la lumière du jour ! Tu es celui que tu es, un trésor, un prince à l'âme en or. Marche en étant fier de toi. Tu ne fais aucun mal et ça, ce n'est guère banal ! ... Petit, deviens plus grand. Arrête d'avoir peur d'être si différent.

Autrement.


30 mars, 2010

Petite...

Elle était assise devant son écran, un air morose étampé au visage. Elle se repassait en boucle des images obscures de filles troublantes, de filles troublées, de filles pénétrées au plus profond de leurs âmes par des fouteurs de troubles. Elle était en plein dedans.

Sur ses doigts, encore des traces de ses branlettes. Elle avait connu Maksim et puis Shawn et encore plus celui dont elle n'avait jamais connu le prénom. Celui aux yeux aussi insistants que son sexe qui lui bombardait le coeur à chaque coup toujours plus convainquant. Dans une même soirée, elle avait goûté, avalé, s'était fait rouer de coups avant, arrière, avec ou sans objet et que dire du rideau de merde qu'on lui avait glissé devant les yeux peut-être pour qu'elle oublie à jamais que ce soir là, elle n'était pas aimée.

Ses mains sur ses seins, elle observe. Il y a Bianca qu'elle trouve plutôt jolie avec son soutient gorge violet et son air naïf qui en demande encore. En ouvrant un autre onglet, elle s'installe une ambiance et, en sourdine, d'un clic, elle se laisse hanter par un blues presque mécanique. Re-clic vers Bianca. Ferme les yeux et prie. Son Dieu mescaline, hallucine... Elle retire son jeans et toujours les yeux fermés, elle caresse ses cuisses asséchées par tant de décharge masculine qui grafigne la mémoire de cette enfant blessée. En laissant tomber le denim sur ses Converse rose bébé, elle ouvre ses yeux épuisés et regarde toujours Bianca qui se fait pénétrer par trois collégiens ravis. En versant une larme, elle glisse son doigt à l'intérieur d'elle et crie de douleur car c'est tout ce qu'elle connait. Elle rêve à celui qu'elle aime, mais qui ne l'aime pas parce que comment aimer quelqu'un qui n'existe pas, enfin, pas vraiment...

En se caressant encore, elle feint la jouissance en même temps que cette même musique lancinante transperce son écran. Il y a Bianca qui danse sur le blues aussi mécanique que cette fausse danse ludique et il y a elle qui mouille autant son visage que son jardin infidèle. Elle, l'ange noir, elle qui à chaque soir devient une autre pour faire semblant de vivre, semblant d'aimer et d'être aimée. Elle qui fume sa vie et qui boit du fort pour s'ériger un fort autour de sa fragilité.

Devant Bianca qui rit, elle s'injecte son dernier adieu et nue, elle mourra seule, petite quand même.

01 mars, 2010

Fin.

Quand je t'ai rencontré il y a 9 ans, tu m'as démontré que tu ne savais pas aimer. Je m'en suis contentée. Les mains grandes ouvertes sur mes yeux de petite fille en quête du parfait bonheur, je t'ai choisi comme preux chevalier, mon prince, c'était toi à cette heure. Peu m'importait que tu me dises merci lorsque je te disais tendrement je t'aime, pour vu que tu sois là à mon réveil quand même. J'ignorais le fait que tu ne m'écoutais vraiment pas, que pour toi, j'étais comme un bibelot qu'on dépoussiérait d'une tape dans le dos; J'étais ton nouveau départ vers la vie adulte d'une autre part.

Tu es parti de chez tes parents, avec une fille qui était déjà maman. Ton fils t'a pris par surprise en se nichant trop tôt, voilà, tu étais bien mal pris, pauvre idiot ! ... Les années perdues, j'ai attendu et j'attends toujours le fameux "je t'aime" qui n'est jamais venu. Quand ton fils me demande pourquoi tu ne lui fais jamais de caresses, pourquoi tu ne lui as jamais dit je t'aime, mes yeux s'embuent en guise de seule réponse, oh wow ! Quelle prouesse ! Peut-être un jour, lui expliqueras-tu ? Je comprendrai peut-être aussi, mais les chances sont aussi minces que l'espoir qu'il me reste, vois-tu ?

J'ai crié, j'ai chuchoté ma douleur, je t'ai tout avoué, même mon grand malheur... Mais je ne suis que la seule coupable de tous mes maux. Je suis restée alors que dès le départ, tu ne m'as rien donné. J'ai accepté de souffrir lorsque je t'ai ouvert ma porte encore malgré que je savais que tu n'étais pas pour moi, que le prince, dans le fond, il n'existe pas !

Vivre pour moi maintenant ? Vivre pour eux qui nous voient aussi très malheureux ! Ferme tes yeux un tout petit instant ? La vois-tu la liberté, la délivrance, l'espoir d'un bonheur qu'on avait oublié ? ... Tu ne vois rien, petit être renfermé ? Qu'est-ce qui t'a fait si mal, qu'est-ce qui t'empêche de te donner ? T'ouvrir, ne serait-ce qu'un moment, verser une larme devant un tel drame ? Ta famille qui se déchire, l'unité est-elle à proscrire ?

Tu ne souris jamais, devant moi, peut-être le fais tu exprès ? Tes touchers sont glaciaux, tes mains, ton sexe, tu n'es qu'un robot ! Sans mots, sans maux, tu fonctionnes sans cœur qui sait se battre et se débattre, tu te taies trop tôt, la vie c'n'est pas la mort, c'est faux ! Tu passes le temps au lieu de ressentir, tu fuis le moment au lieu de l'accueillir... Regarde, regarde mes yeux que tu n'as jamais vu, regarde en moi, je te suis inconnue ! Non... Tu t'éloignes, pour ne pas te blesser ? Reste calme, il ne faut pas s'énerver ! Ah non, c'est vrai, tu ne t'énerves pas. Parce que ça aussi c'est une émotion que jamais tu ne connais. Vas...

Voilà, maintenant c'est fini. Mais ça aussi, tu ne l'avais pas compris. Quand je te l'ai dit, tu as enfin souri. Une émotion de soulagement ? ... C'était ressenti.

22 février, 2010

Étrange

Vous êtes étranges avec vos sourires. Et votre façon de rire comme ça, tout haut. Vous êtes étranges avec vos éternelles caresses et vos baisers qui font semblant d'aimer. Parce qu'aimer, ça ne se peut pas ! Vous le saviez, je ne vous surprends pas ? Étrange, cette façon que vous avez de vouloir vous sauver de l'étrangeté.

Vous êtes étranges avec vos questions qui ne sont pas vraiment des questions ! Des "ça va ?" lancés comme ça et des réponses que vous n'attendez même pas. Parce que vous tendez la main pour dire bonjour, mais vous fermez les yeux sur l'autre tandis que vous pensez à votre déjeuner ou bien votre liste d'épicerie alors que l'autre voudrait vous répondre un non ferme et inattendu. N'oubliez pas de vous laver les mains surtout, c'est maintenant étrange la proximité humaine.

Vous êtes étranges de lire ce que j'écris. Vous vous intéressez à moi et à ce que je dis ? Non, vous êtes voyeurs, étrangers dans ma demeure. Étrange cette façon de vous immiscer dans mes pensées...

Étrange ce que la vie peut nous apporter. Des faux amis, des soucis, des blessures qui nous construisent des armures. Étrange comme la vie est mal faite puisqu'elle mène à une mort certaine ou à une certaine mort.

Étrange qu'il nous faille vivre une peine pour connaître le bonheur pour ensuite le perdre et dire que c'est donc de valeur. Étrange qu'il nous faille être positif quand le négatif est pourtant attiré par ce dernier comme un aimant. Étrange qu'il nous faille une boussole pour retrouver le nord alors qu'on boit souvent pour perdre celui ci.

Étrange...

15 février, 2010

Carole.

Il fait beau. C'est presque l'été, même si c'est le printemps. On ne peut même pas encore semer, mais j'ai décidé tout de même de porter une camisole, la corail, ma préférée. J'irai m'écraser dans ma chaise de parterre pour me faire ratatiner la peau un peu plus en pensant à un homme beaucoup trop jeune pour moi. J'ai envie de le séduire avec mon teint trop doré, mon lipstick rose puis ma mini jupe beaucoup trop courte qui laisse entrevoir la cellulite qui trahie un peu mon âge.

Je me regarde dans la porte patio parce que j'évite les miroirs qui me crachent la vérité en plein visage: je n'ai plus 20 ans. Ni 25. Pas même 35. Je suis vieille. La preuve, je m'appelle Carole. Qui est-ce qui s'appelle Carole et qui n'est pas née avant les années 70 ? C'est ce que je disais. C'est une preuve flagrante. Au palais de justice, je serais accusée. D'être vieille je veux dire.

Hier soir, j'ai eu le goût de jouer au B.I.N.G.O. J'ai chassé l'idée en me caressant en pensant au fils de ma voisine qui rentre beaucoup trop tard la nuit avec deux ou trois verres de trop dans le nez. L'autre nuit, je me suis pointée sur ma véranda en petit Baby doll en étant sûre de l'émoustiller, mais son grand rire a fait jaunir le mien. ... Puis je suis allée pleurer dans mon oreiller à côté de Marcel qui ne veut même plus me baiser.

J'ai pensé redécorer mon 6 pièces de la rue Dézery pour me changer les idées, mais je préfère regarder les infos pubs en buvant de trop nombreux cafés. Je fume cinq six clopes à l'heure en vernissant mes ongles un peu jaunes et le temps passe jusqu'à ce qu'il soit l'heure de préparer un spaghetti jus de tomate à Marcel ou bedon le temps de nourrir les chats de la ruelle avec les restants de mon sandwich au thon du midi. Puis bien, c'est déjà l'heure des téléromans, le temps passe vite vous savez !

Qu'est-ce que je disais déjà ? Ah oui, j'allais me faire griller ! Comme un steak sur le charcoal. Non, je n'ai pas peur du cancer de la peau, ni même celui du sein, pas plus celui de la prostate parce qu'il parait que je n'en ai pas, ni de prostate, ni de seins. Ha ha ! J'ai un sens de l'humour par exemple. C'est ma chum Denise qui me dit ça à grands coups de tapes dans le dos. Parce que j'aime ça la faire rire Denise. Ça me change de m'entendre moi même brailler.

Y'en a dans le coin de chez ma belle-soeur d'Outremont qui se font faire du Botox. Ça, c'est pour faire figer le temps, mais dans ta face. Comme si on avait les années 80 d'étamper éternellement autant dans le toupet qu'au coin des yeux pis au bord des lèvres. Même pas besoin de spray net ! Tu peux danser sur du Bon Jovi sans avoir l'air hasbeen, c'pas mêlant !

Qu'est-ce que je disais déjà ? Ah oui, j'allais me faire bronzer. Coudonc Carole, on dirait quasiment que t'es Alzheimer ! ... Ben non ben non. Je suis BEAUCOUP trop jeune pour ça !


05 janvier, 2010

Au musicien...

J'aurais envie de te dire que tu me plais, de venir me prendre là maintenant, sans même un s'il vous plait. Me plonger dans tes yeux, écouter ta voix me bercer, peut-être même faire un pas de deux. J'aurais envie que tu me chantes une chanson douce sur un air mélancolique. Fais moi l'amour avec ta guitare sur une toile plus que bucolique. En contre plongée, prête moi ton regard d'adolescent un peu plus âgé. Viens, sur mon corps allongé, parle moi de toi, de tes désirs et de ce que je pourrais bien t'apporter. Laisse le rêve prendre toute la place de la réalité.

Après, seulement après, tu me rendras ma main pour qu'on affronte séparément demain. Je t'oublierai, c'est promis, ne t'en fais pas, j'ai tout compris. Que je ne suis celle qui fait débattre ton cœur, pas celle avec qui tu vivras ton grand bonheur. De passage, je suis, je serai. Ma peine se lovera sur mes souvenirs qui se changeront en éternels soupirs. Vas, je ne resterai pour toi que quelques paroles d'une chanson triste, que tu écriras à l'aube, musicien puriste...

Je chanterai avec toi, te regardant de loin, une larme en guise de fierté et un poing serré pour mieux me rappeler. Me taire ne sera pas facile, chacun des couplets sera un souffle docile... Sur mon corps, mais surtout dans ma tête où dans le silence se crée une terrible tempête. Débat mon cœur encore et encore, noire, blanche, croche, portée d'un être aimé.

27 novembre, 2009

Y'a une fois...

Je suis assise dans un coin et je me récite quelques poèmes doux et gentils. En me flattant langoureusement le bras de bas en haut, je me trouve belle, ou presque. Il m'arrive parfois de chantonner mon prénom pour me sentir importante. Les gens importants ont tous une chanson.

Une fois, je me souviens, il y a quelqu'un dans la rue qui m'a interpelée. J'ai souri, jusqu'à ce que je me rende compte que je n'étais pas la seule qui s'appelait comme ça. D'ailleurs, je déteste ce prénom de merde.

L'autre fois, dans mes souvenirs, j'étais enfant. J'avais des lulus. C'était amusant pour certains de les tirer. Les lulus j'veux dire. C'est tout ce dont je me souviens. Ah oui, ça, mais aussi quand mon oncle a détaché ma robe. Ça, ça m'a marqué. Oui.

Je suis assise dans un coin et je me berce. C'est doux et gentil. En me flattant frénétiquement les cuisses de haut en bas, je me trouve laide, ou presque. Il m'arrive parfois de crier son prénom, parce qu'il est important. Les gens importants ont tous, dans ma tête, un cri violent.

Y'a cette fois où j'étais au parc, petite mais pas trop. Geneviève, c'était une amie. Elle a mis sa main dans mon chandail. J'ai pleuré. Je n'aime pas ça pleurer. Jamais plus depuis. Non.

Parfois comme souvent là, j'ai des flashes. Pas des flashes de kodak, non, juste des souvenirs, genre. Comme des photos en accéléré qui dansent un gros rock dans ma tête. Ça embrouille mon âme. Ouais.

Je suis assise dans un coin et je me dis. C'est rude et pas gentil. En me flattant le visage avec mes ongles, je ris, parce qu'il me trouve belle, ou presque, m'enfin, c'est ce qu'il dit. Quand il me bat, il m'arrive d'espérer sans pleurer toutefois. Parce qu'il est important de se taire, de faire la belle comme une chienne. Les gens importants sont forts, puissants et mal avenants.

29 juillet, 2009

Reach out, touch me...

J'étais dans un café. J'adore le café. Les murs étaient d'une couleur ambrée, les lampes bergères apportaient calme et chaleur à l'endroit déserté. Seule, mon souffle me semblait même bruyant. Je pouvais entendre chacun des battements de mes cils. Tranquille.

Le plancher de vieux bois complémentait la table antique sur laquelle était posé mon bol de latte qui m'hypnotisait depuis maintenant plusieurs minutes. Je laissais le temps passer en pensant à toi qui n'existais pourtant pas...

Une musique en sourdine, j'étais sortie de mon rêve bien malgré moi. "Personal Jesus" "clashait" avec l'ambiance feutrée, mais paisible, je ne cherchais même pas à savoir d'où cette nuisance venait. J'étais en transe en tortillant les mèches qui s'évadaient de mon chignon mal monté, coiffure toute indiquée pour une soirée chaude et humide d'un juillet plutôt morose.

Des pas. Tes pas, j'en étais certaine. Derrière moi. Les yeux fermés, j'écoutais. Ton souffle. Le frottement de tes vêtements qui s'approchait. La musique qui s'intensifiait. Un écouteur de Ipod dans mon oreille, je pouvais maintenant "reach out and touch you"...

Ton bassin sur le dos de ma chaise, tes mains sur mes épaules qui parcourent le court chemin vers ma nuque dénudée. Tes doigts qui enlèvent une à une les épingles pour laisser trainer mes cheveux jusqu'au bas de mes reins. Tes lèvres qui sillonnent en un long "S" interminable mon dos qui ne s'est pas encore retourné pour te saluer. Non, je ne te vois pas, mais je frémis.

Tes bras m'indiquent de me lever. Je me laisse guider vers le mur de briques rouge ardent. Plaquée contre le mur, je sens la passion m'envahir. Tu empoignes ma crinière dorée et par ton désir, tu te laisses emporter. Ton sexe sur mes fesses m'indique que l'envie est plus forte que tout.

Tes lèvres me baisent, partout... Je sens ton souffle devenir de plus en plus chaud à mesure que ton sexe devient de plus en plus dur. Tes doigts défont les boutons de mon jeans et ta main s'y glisse pour aller doucement cueillir la chaleur du feu brulant que tu as allumé. Tes doigts en moi, j'en mourrais d'envie. Mon corps danse une danse lascive et mes hanches roulent pour te sentir encore et encore plus profondément. Mais, tu restes toujours dans l'anonymat.

Mes jeans sur le plancher poussiéreux. Enfin. Mon corps presque nu maintenant. Je ne vois que ton dos dans un miroir non loin là bas... Je n'ai pas eu le plaisir de te dévêtir, tu l'as fait pour moi. La peau de ton bas ventre perle. Tu sens bon. Brusquement, ton corps pénètre le mien je ne sais où. Tu es en moi, peu m'importe le chemin que tu as emprunté. Une chaleur intense brûle mon bassin et tu vas et tu viens au rythme de la musique que je n'entends presque plus. Le battement de mon cœur enterre tous les sons environnants. Mes seins dans tes mains, ta langue cherchant la mienne, mon visage à peine tourné vers le tien, j'ai l'impression de t'appartenir. Chaque coup encore plus fort fait monter le plaisir. Des gouttes de pur excitation glissent le long de mes cuisses qui se tendent, tandis que tu gémis de plus en plus fort. Je te veux tout entier.

Sans perdre une seconde, je décide de te contrôler. Fini l'anonymat, je veux goûter à ton corps. Mes fesses poussent ton sexe hors de moi et je t'agrippe solidement pour venir t'assoir sur une chaise inconfortable. En te regardant d'abord droit dans les yeux, je glisse mes seins sur ton visage, sur tes lèvres, pour ensuite les mener sur ton torse. Ma langue englobe tes lèvres et s'active ensuite sur la tienne. Je te chevauche, mes fesses sur tes cuisses, mon regard dans le tien, j'insère doucement le bout de ton gland tout au bord de moi... Moi... Ma chaleur, mon humidité. Tu en trembles d'envie. Tantôt, tu n'as pas goûté à ce meilleur chemin. J'entre mes doigts doucement et ils en ressortent débordant d'un liquide que je me presse de te faire savourer. J'y goûte aussi. C'est presque mielleux. Puis, violemment, je galope sur toi comme un cheval sauvage qui se sauve à travers une prairie. Tu es ma liberté.

Comme je sens que tu pars peu à peu vers un ciel plus lointain, je me retire et j'enfouis ton plaisir tout au fond de ma bouche. Tu es tellement dur, un bonbon si doux à lécher... Tu n'en peux plus, tu pourrais presque exploser. Tu empoignes mes cheveux, dirige mon visage vers le tien et tu m'embrasses comme personne ne l'a jamais fait auparavant. Je sens ton sexe palpiter sur ma cuisse.

Le plancher accueille notre salsa endiablée et en me serrant très fort, j'entends pour la première fois le son de ta voix: "Tu es belle"... Dans un soubresaut inattendu, tu barbouilles la toile de mon ventre et du creux de mes seins de ton aquarelle couleur de neige pure qui fond sous la chaleur d'été.

... Mon regard était toujours sur mon café latte. En ouvrant mon compact pour me refaire une beauté, mon chignon était toujours mal monté, mon rouge à lèvre n'avait pas coulé. Mais qui jouait cette musique qui agaçait mon ennui ? ... Reach out and touch me...

13 mars, 2009

Entends-tu ?

Entends-tu ce mal de vivre ? Celui qui se vit si mal et qui n'est guère banal ? Sens-tu la grande détresse pendant que tu tresses ta vie de stress qui te presse vers la mort morte de rire ? ... Bien sûr, il y a la brise et puis le vent, mais pire encore, y'a l'ouragan. Celui qui te fait taire par son bruit, le bruit de la casse et des souvenirs qui tombent dans l'oubli.

Entends-tu le silence sans bruit ? Le bruit de l'être, celui qui sans cesse vomit la vie. Vois-tu le ciel sous toute cette pluie ? La pluie des yeux si jeunes qui traînent tous ces ennuis. Traîne tes pieds lourds jusqu'au firmament, firmament maman. Celle qui t'ouvrira ses bras en t'offrant son sein réconfortant, maternel ou bien peu apaisant. L'épouse ou celle qui te fera naître, sortir peut-être même de ton air bête.

Entends-tu les vagues de la mer ? Cette mer de merde, de mots, bouse qui parle dans ton dos. Ennemi qui t'attend avec son couteau pour te faire mal de plein fouet avec son piano. Toutes ces notes de do à do, graves, intenses ou sopranos. La musique c'est le roman de tous les maux, les mots avides de "je t'aime" pour les sots. Écoute, écoute, la chute du silence, écoute, écoute ton absence. Je suis seule, pleine de solitude. Sollicitude d'amour dans le détour.

M'entends-tu ? Entends-tu ? Mon cœur te parle, m'écoutes tu ? Je transpire de l'affection, l'infection de l'inattention, celle que tu me portes, qui me déporte hors de ta porte. Écoute, je pars avec mon mal de vivre dans mon baluchon, sur mon âme je mets mon capuchon. Voyons.

Entends-tu, je broie du gris. Du gris plus grisâtre qu'une statue de plâtre. Je suis un bibelot dans un vide musée, une poupée de cire qu'on s'amuse à faire brûler. Je rapetisse à vue d'œil, jusqu'à disparaître sans faire le deuil. Deuil de toi, de lui, de rien, deuil de ma solitude vécue pour ton bien.

Entends-tu ? Je suis partie. Tout doucement, sans faire de bruit. Entends-tu ? Tu m'oublies...

01 février, 2009

Je me souviens.

Je me souviens. L'école secondaire, la place publique. Moi, toute seule dans ma gang qui n'existait que dans ma tête. Je me souviens, de Mats Naslund, des soirées passées à étudier tandis que les autres allaient danser au 13e ciel. Bien sûr, ils me l'avaient demandé, mais je préférais la solitude, la seule qui savait calmer mon anxiété.

Je me souviens. De mes coupes de cheveux horribles, de mes blouses évasées, de mes sandwiches au thon mouillées et de mon fond de casier immaculé. Je me souviens, des regards des autres qui me croyaient bollée, de ma gêne que je tentais de cacher. Je me souviens du garçon que j'ai tellement aimé, celui là même qui m'a aussi fait pleurer pendant plusieurs années. Martin.

Je me souviens. Les couloirs de St-Ex, de mon désir de réussir, d'aller loin, de ne jamais me permettre une seule erreur... Je me souviens d'avoir souffert, d'avoir eu peur à en vomir... Je me souviens de m'être tu lorsque j'aurais voulu crier...

Quand je te regarde Luka, je me souviens. Dans tes yeux, je vois les miens. Ce même regard, ce manque de sécurité. Lorsque tu pleures parce que la perfection n'est pas atteinte, je ressens ton mal, oh oui, je me souviens... «Ch'suis tanné des consignes maman ! » - Des consignes, tu en auras toute ta vie mon grand ! « Alors, j'ai hâte de mourir... » ... ... ... ...

Tu te souviens... Tu es né, il t'a regardé, il a eu peur et il a cessé de t'aimer... Je me souviens, du jour de ton premier anniversaire, de tes premiers pas tardifs et de l'annonce que tu étais différent... Tu te souviens que les garçons ne t'aiment pas parce que tu ne joues pas comme eux, qu'ils te traitent de bébé parce que pour toi, c'est si facile de pleurer.

Mais moi, je me souviendrai d'une chose; c'est que je t'aime, inconditionnellement et que pour toi, je vaincrai mon anxiété, ma peur du passé et que je regarderai, droit devant, afin de t'assurer une vie meilleure, un droit à l'erreur et une volonté à pouvoir tout te pardonner.

09 janvier, 2009

Écorchée.

Écorchée comme l'écorce d'un arbre taillée par les mains d'un homme aimant, je suis, je me dois d'être. De tout mon cœur et du restant de mon âme, je cours en sens inverse pour rattraper mon passé. J'espère trébucher pour ainsi pouvoir me relever et faire demi tour vers l'avenir.

Ça pue le regret. J'ai l'œil nacré par les larmes de la honte, ma honte, si laide soit-elle, qui me fait sentir en vie. Elle fait débattre mon cœur pour essayer de rattraper le temps qui glisse comme une limace sur une tige après une fine pluie. Regret, remord amer. Amère, mère, douce maman...

Je tend la main. Main froissée par le vent glacial des sentiments. Cérébrale, je serai dorénavant. À bat l'émotivité. Je hais la voie lactée.

Le vide dans mon regard, hagard. Effarée. Je suis tombée. Écorchée.

01 janvier, 2009

Mens moi.

Mens moi un peu
Et dis moi que le monde ira mieux
Que les rivières seront limpides
Que les politiciens seront moins stupides.

Mens moi beaucoup
Et parle moi de partage, de santé, mais par dessus tout
Promets moi du bonheur éternel
Des nuages cueillis par tous à grands coups de pelles.

Mens moi un peu moins
Et regarde moi en étant certain
Que l'avenir sera des plus positif
Que les gens seront beaucoup moins passifs.

Mens moi toujours
Ne me dis jamais que les plus beaux mots d'amour
Viennent de l'homme pour son monde immédiat
Les humains sont tellement des êtres ingrats.

Ne lui mens jamais
À ton fils, ta fille à qui toujours tu promets
De les protéger contre toutes les guerres
Quand dans leur dos, tu lances bien des pierres.

Mentir, souffrir, mourir, soupire...
Ose, voilà, prends un bref respire
Toi, ma terre, ma vie, mon univers
J'ose croire encore que tu vivras, du moins, je l'espère.

13 décembre, 2008

J'écris.

Je suis assise ici et j'écris.
J'écris le non-dit.
Dans ma tête, plus aucun bruit,
Seulement la ritournelle de mes soucis.

Je suis assise ici et j'écris.
J'écris ce que je fuis.
Dans un élan de piètre poésie,
J'étale mon âme pour un instant de sursis.

Je suis assise ici et j'écris.
J'écris parce que j'aime et que c'est fini.
Dans un bordel sentimental infini,
Je pleure, j'explose et je cris.

Je suis assise ici et j'écris.
J'écris parce que ça n'a pas de prix.
Dans un réconfort passionnel et fortuit,
Je paraphe ce poème d'un sourire gratuit.

Je suis assise ici et j'écris.
J'invente cette histoire, un répit à ma vie.
Dans un désir d'inspiration, poème alibi,
Je tue la réalité à coup de rimes jolies.

Je suis assise ici et j'écris.
Pour moi, pour lui et pour vous je vous prie.
Dans un intense besoin d'amour, je vous dis...
Que de vous, lecteurs, je m'ennuie.

Je suis assise ici et... je vous lis.

Certains passages sont fictifs...

14 octobre, 2008

Dernier adieu. (FICTION)

Ce soir là, elle s'était fardée. Belle comme l'automne, ses joues ornées d'un rose bébé reniaient ses pensées. Ses cils portaient même de la rimelle et maintenant, cils retroussés, elle arborait un regard fier. Devant son miroir se tenait une femme sérieuse, pourtant rêveuse... Elle voulait s'évader, ne serait-ce qu'un seul instant, de sa tristesse et de sa morosité. Elle balaya une larme du revers de la main et se leva pour visiter sa maison comme pour la première fois.

Dans sa chambre à coucher, elle pensa à lui. Son homme des douze dernières années. Elle l'aimait, certes, mais pas assez. Leur bonheur n'en était pas un de communion, mais plutôt un de dévotion. Leur unicité s'était perdu quelque part, entre deux biberons ou quelques changements de couches. Soit, elle ferma les yeux quelques secondes et revit, seconde par seconde, toute leur vie ensemble et en fut quand même ravie.

Sur la pas de la porte de la chambre de leur fils, elle posa une main sur son ventre si vide depuis qu'elle savait qu'elle ne mettrait plus d'enfant au monde. La doudou du petit contre sa joue, elle fit le tour de la chambre en silence. Sur le lit de son fils, elle posa un dernier baiser soufflé.

À la cuisine, elle se tira une chaise et fit semblant de prendre le thé. Elle n'avait jamais pris le thé. Pas le temps, pas d'amies avec qui partager. Elle avait toujours détesté sa cuisine qui avait été témoin de chicanes et de larmes d'enfants trop gâtés nettement trop souvent. Par contre, elle se souvenait d'une baise sur la table de cuisine trop vieille pour le goût du jour...

Au salon, en trébuchant sur un jouet qui traînait encore depuis la matinée chargée que lui avait fait vivre sa plus vieille, elle constata que la photo de famille n'avait pas été dépoussiérée depuis quelques mois. Elle la prit contre son cœur et repoussa un soubresaut d'un hochement de tête.

Au sous-sol, elle s'installa devant l'ordinateur. Sur la page de son journal intime, son blog bien à elle, juste à elle, elle signa un dernier adieu. Tout simple, avec un baiser lancé vers la lune à tous ses copains et copinautes de la grande blogosphère, vaste et toujours si irréelle...

De retour dans sa chambre, elle repoussa la couette et s'y nicha comme un oiseau blessé. Une main sur son ventre en guise d'au revoir à ses enfants, elle poussa la gâchette, pour un dernier adieu à sa vie.

Ce texte est totalement fictif. S.V.P, n'envoyez pas la police chez moi ! (Gros clin d'oeil à toi, qui se reconnaîtras !)

02 octobre, 2008

Semblant.

Les yeux posés sur son journal, il fait semblant de lire. Il passe le temps, le temps qui passe si vite et pourtant... Il se demande quoi dire. S'il levait les yeux, il verrait ce monde qui l'entoure, celui qui lui fait si peur et ce, jour après jour. Partout, des gens. Parfois souriants. D'autres font comme lui, semblant. Sentir les aiguilles de l'horloge tourner, un tic tac lourd battant à un rythme effréné.

Il ose. De ses nouvelles, il prend une pause. Abaissant son quotidien, il balaie du regard le restaurant tout plein. À sa gauche, une famille, une conversation et des jambes d'enfants qui fourmillent. Du bruit qui fait plaisir, une chicane de marmots qui s'insultent en vrilles. À droite, un vieillard dans la lune, seul, solitude apaisante ou tristesse mêlée de brume. Au centre, il y a Elle, celle qu'il aime parfois sentir, parfum si doux, un rêve à n'en plus finir. Devant lui, sa femme, celle qui garde le silence depuis un long moment, depuis que la vie lui a offert de graves tourments.

Il observe. Si quelqu'un pouvait au moins lui offrir un peu de verve. Morne, la vie est morne. Pour lui comme pour tous ceux ici, une lassitude sans borne. Un but, un rêve, c'est ce qu'il lui faut. Comment trouver ? Ce serait si beau ! S'accrocher à l'avenir, partir, poursuivre, espérer, devenir ! Il se perd dans ses songes, pourtant la réalité n'est guère un mensonge. La vérité c'est qu'il est lâche, il ne veut pas se mettre à la tâche ! Pourquoi chercher le bonheur ? Il devrait apparaitre tout seul devant lui, comme le soleil après une journée de pluie...

Il soupire et décide de continuer à faire semblant, pose ses yeux blasés sur son journal là devant. Il ne tourne même pas les pages, il soupire encore et reste sage. "À quoi bon changer les choses ?", se dit-il. "Ce serait un risque, ça pourrait être difficile !"... Sa femme tourne la page pour lui en lui disant qu'elle le quitte maintenant, mais lui ne fait aucun bruit. Il se contente de remarquer la date au bas de la page du journal, de plier un coin d'un air tout-à-fait banal. La femme se lève et esquisse un large sourire. Lui fait toujours semblant et se met à rire. Elle quitte. Tout le monde regarde l'homme qui rit les yeux plongés dans son journal. L'horloge tic et tac comme si tout était normal. Normal.

20 septembre, 2008

Oser.

Si j'osais, mes doigts longeraient ton corps de bas en haut, caressant chacun de tes pores pour sentir ta chair frémir, encore et encore...

Si j'osais, je t'avouerais mille mots, je soutiendrais ton regard lorsqu'il quémande le mien, je parlerais sans voix pour tout te raconter nos voies...

Si j'osais, je te ferais perdre le nord pour que tu perdes ton chemin à jamais... Reste tout près, sur mon sentier, je serai ta boussole pour toujours ou pour une courte journée passionnée.

Si j'osais, je te prendrais la main pour te guider d'un pas certain vers un lit d'extase; sous un ciel d'automne, feuilles rouges ou tapis doré, accueilleraient nos corps réchauffés par l'envie d'un instant tant attendu, m'y suivrais-tu ?

Si j'osais, j'étalerais mes pensées de toi maintenant. Pensées qui te feraient rougir peut-être ou simplement te procuraient un sentiment de bien être complet...

Si j'osais, je m'offrirais à toi comme une fleur. Enrubannée, pour que tu me déshabilles de chacun de mes pétales, un à un, pour faire durer le plaisir.

Ose. Prends moi. Si j'osais, je t'en supplierais. Mais serait-ce trop osé ?

17 septembre, 2008

En mai 1992...


En mai 1992, j'ai appris que tu préparais ton petit nid au creux de mon ventre, toi, petite poussière d'ange... J'ai pleuré, j'avoue. J'ai eu peur, tu l' sais, mais tout ça n'a pas duré. Voilà qu'aujourd'hui, tu me dis que tu as gâché ma vie. Pierre-Olivier, tu n'as vraiment rien compris...

Ma vie, c'est toi ! Mon premier, mon bébé. Tu as tracé ma voie. Celle qui m'était destinée, je devais être une maman, c'est un peu toi qui en a décidé... Ne doute jamais que tout ce que tu m'as apporté, c'est si beau, si grand, si fort, tu n'as pas idée !

Je t'aime plus que tout au monde, plus que ma vie, tu es ce qu'il y a de plus beau sur cette terre ! Ouais, t'es chiant des fois, t'as l'air d'un pouèle, tu te fous de ma gueule, mais t'es tellement bon, tellement droit, ch'pense que dans ta tête et dans ton coeur, tu sais que je t'ai bien appris... Tu fais l'con, comme aujourd'hui, mais... Mais arrête de trop penser; ressens, agis ! Ne baisse pas les yeux si ce n'est que pour regarder en toi.

T'es un artiste, un vrai. T'es mon fils, mon vrai. Tu es tout ce qu'il y a de vrai, POUR MOI. Ne me mens plus jamais. Jamais... Tu vaux plus que ça.

Je t'aime, de tout mon être.

09 septembre, 2008

Lily dans la lune...

Je suis présentement dans la lune, grain de sable dans une dune... Je vous reviendrai, dans l'ombre de la pénombre, en octobre ou en novembre ou bien à l'aube de décembre. Amitié xox

02 septembre, 2008

Perdue.

Je ne m'y retrouve plus, au travers tous mes travers. J'ai beau fouiller, chercher encore, à l'endroit comme à l'envers. Je regarde mes mains, mais ce ne sont pas les miennes, que mon regard s'abstienne... Je baisse les yeux devant ma grande gêne, je soutiens mon cœur devant autant de peine... Au creux de ma paume, mes lèvres déposent un baume. Je me caresse doucement, comme on le ferait pour un petit enfant. «Vas ma belle, laisse toi pleurer, à toi seule l'envie de ne plus douter...»

Devant la glace glisse mon être, pourtant, je SUIS, je ne fais pas que PARAITRE. Mon cou s'incline devant la trop grande honte, mes épaules frêles se recourbent comme une montagne de neige en pleine fonte. Sur mon ventre vide plissent des souvenirs, sur mon sexe boudeur, des luttes à n'en plus finir. Mes genoux éraflés par les jeux d'enfants, ceux dont je me souviens sans angoisse en dedans. Mes pieds qui se trainent devant les heures qui passent m'invitent pourtant à me sentir moins lasse.

Je suis perdue devant mon miroir, celui qui peint la réflexion d'une autre aux idées si noires.

01 septembre, 2008

Deux ans.

Ça fait deux ans. Déjà. Elles sont collées à moi. J'ai appris à les détester, à les apprivoiser. Elles m'ont changée, gênée, encombrée, elles ont chambardé ma vie, avec elles, j'ai eu l'air d'une truie, mais ! ... Mais un jour, il parait que j'en serai contente, j'attends impatiemment ce détour !

Avec elles, mon sourire étincelle ! Ma salive souvent ruissèle, mais que voulez-vous, je n'y peux rien bordel ! Quelques sparatafes demeurent coincées entre les boitiers souvent mal nettoyés. Bah, je fais de mon mieux, pas rien que ça à faire, voilà, je passe aux aveux !

Oui, ça a fait mal. Je sais, c'est bien normal. Le traitement a avancé pour ensuite se mettre à reculer. Vingt-quatre longs et pénibles mois. Par chance que le dentiste était sexy, mais maintenant, notre aventure est presque finie !

Dans deux mois je porterai fièrement, un sourire Crest de toutes mes dents. Si vous croisez une demoiselle avec un grand sourire coincé, c'est peut-être bien moi, la fraîche Pet Tremblay !

28 août, 2008

Dévalorisation

Revenir sur le marché du travail après un bon nombre d'années de travail autonome, c'est difficile. Je vous mentionnais de pas trop savoir où je m'en allais, être aussi branchée qu'une adolescente qui cherche ce qu'elle fera lorsqu'elle sera grande. Par contre, je connais la valeur de mes qualifications, je suis fière du travail que j'ai accompli avec les enfants dans le passé et j'aimerais être reconnue à ma juste valeur... Mais !

Mais maudite bureaucratie ! ... J'ai courtisé des dizaines de directrices qui étaient enchantées par mes années d'expériences autant en éducation qu'en théâtre. Plusieurs m'ont offert des postes dans leur école, mais voilà que la bureaucratie me bloque: mon dossier n'a pas été traité à la commission scolaire ! Mes foutus papiers de qualification et d'attestations de travail ne sont pas entrés dans le chrissssssssssssssssssssssst de système informatique ! Pourtant, la commission scolaire est en manque d'éducatrices, on en cherche ! Je suis plus que qualifiée bordel de merde, c'est quoi d'entrer des données dans une maudite machine !!!!! ?????????

Et ne me parlez pas de mon projet de devenir clown ! Je suis allée à la formation hier. La moyenne d'âge était de 16 ans ! Ben oui ! Toutes des fillettes en recherche d'un job pour se payer des fringues, sans expérience avec les enfants ni en animation. Ils prennent vraiment n'importe qui ! Je ne me sentais pas à ma place, malgré le fait que la formation était vraiment intéressante. Je veux un emploi pour faire vivre ma famille, un boulot sérieux qui prend les gens au sérieux, vous pigez ?!

Je bouille en dedans... Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi dévalorisée. Moche j'vous dis !

24 août, 2008

Appelez moi Louise ! (Ou hommage au canal Vox)

Appelez moi Louise. Allez y, je vous écoute. Bien assise sur ma chaise, je ne vous regarde pas. Je laisse mon corps s'imprégner de vos maux. Phrase après phrase, je m'imbibe de votre sort pour ensuite recracher de meilleures questions pour vous faire sentir encore plus moche... Commençons, que vous le vouliez ou non.

Première question: Comment vous sentez vous, là, en ce moment même ?... Oui... Je vois... (Oui, je vois en effet, vous avez quelque chose entre les dents, heurk !)

2e question: Avez-vous des regrets ? Lesquels (quelque chose de juteux, on veut brasser d'la marde !) ?

3e question: Avouez moi votre plus grande erreur. (Awoueille, crache qu'on rit de toi !)

4e question: Votre fantasme le plus osé ? (Hostie de pervers...)

5e: Dans votre vie en général, êtes-vous heureux ? (z'êtes vous naïf ?)

6e question: Comment trouvez vous l'entrevue jusqu'à maintenant ? (Dites moi que je suis excellente !)

7e question: Quel est votre chiffre chanceux ?(non mais, on s'en crisse !)

8e: euh... heum... ah oui ! Votre signe du zodiaque ? (ça va finir ouiii, j'ai envie de chier !)

9e: Étiez-vous un fan de Chambre en ville ou du Dr Doogie Howser ? (Ça en dit beaucoup sur un individu ! Méthode béhavioriste ici là !)

10e enfin !: J'ai adoré vos merveilleuses réponses, allez vous revenir ?

18 août, 2008

Lily Bellule



Maintenant que j'ai grandi, mon métier j'ai enfin choisi ! Je serai clown pardi ! ... Vous avez bien lu, je sais, quelle hurluberlue !

La semaine prochaine, je suivrai un cours intensif, j'adorerai, j'en suis certaine ! Maquillage, ballons colorés, costumes, personnalités éclatées !

... Vous voyez, je suis une comédienne née. Je joue depuis de nombreuses années. Et, comme vous le savez, j'adore les enfants, en moi c'est simplement ancré ! Donc, tout ça jumelé, c'est clair, j'ai un avenir clownesque presque assuré !...

Voilà. Vous connaissez Luka ? Mon fils, mon 3e, qui ce soir me chantait son requiem: «Maman, t'es tellement belle, le sais-tu jolie demoiselle ? Tu seras la plus belle des clowns de toute la terre,
et pour toi, j'ai choisi un nom qui saura te plaire ! Lily Bellule... » Lily Bellule wow ! C'est moi... Ne riez pas !

Alors, pour ceux qui n'aiment pas les clowns, sortez vos fusils. Lily vous offrira un sourire tout-à-fait gratuit ! En janvier, à L'Orange Bleue, vous viendrez me visiter ? ... Bof, dans le béton, ce n'est pas coulé. M'enfin, pour l'instant, c'est là que j'en suis, question de rendre le gros nerf un peu plus petit !

Construction de personnage en cours: clown grognon qui parle en rimes sans aucun détour. Euh...

15 août, 2008

Le banc de parc.


Il accueille des adolescents entrelacés, des couples entrain de se chamailler. Des parents qui admirent leurs petits entrain de jouer et des voyous prêts à tout casser. Sur un banc de parc, le vieillard prétend se reposer, mais il ne cesse de se remémorer ses histoires du passé. Un vieux banc de parc.

C'est plein de souvenirs. Des lettres entaillées à coup de clé, des "I LOVE UNTEL" ou des "FUCK YOU" signés par "manche-de-pelle". Un banc, c'est un échappatoire pour un homme lassé d'être à la maison, c'est un rendez-vous pour les infidèles qui ne désirent pas de guérison. Un beau banc de parc.

C'est un lit. Inconfortable pour celui qui désire y faire l'amour, mais une nécessité pour le sans abri bien mal pris dans le détour. À Montréal ou Paris, le banc écoute sans faire de bruit.

Il décore. Avec son fer forgé ou couleur or. Une beauté dans un champ de poubelles, un goéland qui y dépose ses ailes. Un pigeon au parc Lafontaine, un banc sur lequel est assis celui qui le nourrit.

"Te souviens-tu lorsqu'on s'est rencontré ? Sur ce banc, tu m'avais amené. On s'était raconté nos vies, même sous ce ciel couvert de gris. C'était au parc Pie XII, on avait 13 ans. Sept ans après, tu devenais le père de mon enfant... Le temps passe, le banc est toujours là. Tu n'y es plus, mais l'enfant un jour s'y assoira. Notre banc de parc."

13 août, 2008

Une boule.

J'ai une boule. Deux vous me direz... Nah, une. Une grosse, là. Où ça là ? Ben là, vous voyez ? Ça ne se voit pas une boule LÀ. Là où elle se trouve. Comme, dans un endroit qui n'existe pas vraiment, derrière l'estomac, mais pas précisément. Elle me rend malade, elle ne tourne pas rond. On dirait qu'elle sait parler, qu'elle parle fort à mon corps qui ne cesse de l'écouter. Je tremble en dedans, là, derrière l'estomac, mais pas précisément.

Je respire. J'essaie de me ressaisir. Elle joue au yoyo, se serre et se déserre. On me dit que la boule est de grosseur proportionnelle au nombre de marches que j'ai grimpées sur l'échelle de stress depuis les deux derniers mois. Il faut dire que j'en ai tellement montées que j'en suis essoufflée. Can't think straight. Oussé que cé que je vais me garrocher ? J'en perd mon français.

Je n'ai pas d'emploi. Foutu en l'air ! Mon bébé entre en garderie dans deux semaines, quel enfer. Mon 3e commence la première année, l'angoisse pour une mère. Mon deuxième passe au secondaire, quelles niaiseries va-t-il faire ? Et puis le grand ? Le grand lui, il est en amour, il se couche trop tard, il me dérange pis monchummefaitchierpisjenesuispasheureusepourdeuxcents.

... Lâcher prise... Pas capable, c'est cette foutue boule qui me tient par les gosses que je n'ai pas. On dit couilles, je sais. Ah, vos yeules ! (C'n'est pas moi qui parle, c'est ma boule.)

08 août, 2008

Chez nous.

Chez nous, ça sent bon le bébé. Le parfum d'un ado passionné, la chaleur d'un autre tellement adoré. Chez nous, ça sent le bon café, ça sent l'attente d'une poussée dentaire ou d'un devoir encore à refaire... Ici, chez nous, ça sent la fatigue de deux parents, ça sent la douceur de la musique de mon grand. Chez nous, ce n'est pas moderne ni tout joli, mais c'est beau parce que c'est nous qui le peignons d'un bonheur infini. Chez nous, ce n'est pas rose ni toujours blanc, jamais de tempêtes, mais quelques forts torrents. Chez nous, il y a des fleurs et des oiseaux, un geai bleu qui piaille le matin trop tôt. Chez nous, il y a un enfant qui parle toujours fort, un enfant qui veut être aimé et qui ne veut jamais avoir tort. Chez nous, il y a moi, il y a lui, mais il y a aussi nous deux, que parfois on oublie. Chez nous, il y a un bébé qui rit, qui mouille sa couche et qui tète sans faire de bruit. Chez nous, je vous y invite, entrez voyons, quelle belle visite ! ...

07 août, 2008

Le démiurge.

C'est un créateur, un jeune magicien enjôleur. Intelligent, il crée avec les mots une mélodie dramatique, poétique, drastique, il aime choquer socialement. Tantôt rêveur, tantôt haineux, il raisonne comme un adulte mature, mais il est cabotin de nature. Nico écrit. Il écrit pour parler de lui, des autres et de ce maudit monde dans lequel on vit. Il a 17 ans, mais parfois, il me parait trop grand. Allez le lire, vous comprendrez, sur blogger, il est nouvellement arrivé. Cliquez ici

01 août, 2008

C'était un jeudi...

Hier, nous étions jeudi. À la même heure, je suis allée faire mon épicerie. C'est le cœur haletant que j'ai attendu dans le stationnement. Le vert de mes yeux clignait d'espoir de le revoir. C'est avec un peu de retard que j'ai enfin pu recroiser son regard. Il a garé sa voiture, en est sorti avec une fière posture. J'hésitais à sortir, c'était trop beau, mais comment pouvais-je me contenir ? Je l'ai laissé avancer vers l'allée, la même que jeudi dernier. Il y fait un boulot, il compte des boîtes de céréales, je ne sais trop ! Tout-à-coup, il s'est arrêté de compter. Il s'est lentement retourné et a longuement soupiré. «Je savais que je te reverrais, m'enfin, je l'espérais !» me dit-il, en me tendant la main, l'air en paix. J'étais presque figée, muette, je pris sa main pour peut-être m'empêcher de trembler. Mes yeux plongés au fond des siens aussi bruns qu'un magnifique noisetier, n'en pouvaient plus de s'y éterniser...

«Viens...» qu'il me dit tout bas. J'aurais voulu lui dire que je le suivrais jusqu'à l'infini, même s'il n'existe pas. Mes gestes trahissaient mon désir, j'étais derrière lui à dévorer son dos et à rêver d'impurs plaisirs. Mes seins ont frôlé son corps et se sont dressés juste à m'imaginer nue dans un tout autre décor. Je ne savais plus où nous étions, hypnotisée que j'étais par la situation. Cette foudre, tendre passion...

Le stationnement, ses mains sur mes joues, ses yeux, ses lèvres qui s'avancent lentement. Son souffle sur mon cou, son corps contre le mien, le tremblement de mes genoux, étourdie, je n'y comprends plus rien. Sa bouche qui rencontre ma bouche, une conversation d'amour impudique, mais rien de bien louche. J'ai bien senti les passants qui nous regardaient, mais rien autour de nous à présent n'existait. Je l'ai senti me prendre dans ses bras, comme une mariée il m'a soulevée et vers demain il m'a mené. J'ai vu la route, j'ai perdu le nord sans aucun doute...

On n'a rien dit. Je l'ai invité à s'asseoir, ce qu'il a fait et, sur lui, j'ai jeté mon sort, ravie. Je l'ai goûté comme une gourmande, amante, maîtresse d'une telle bassesse... Il a gémi je crois, tenant mes cheveux entre ses doigts. Couleur de blé, ceux ci ne voulaient même pas être libérés. J'en demandais encore... Plus fort...

Il m'a couchée comme une fleur, tendrement, sur un lit de bonheur. À mon oreille, il m'a chanté l'amour, le désir, mais ne m'a pas promis toujours. Il m'a dit que j'étais belle et, avec ses doigts, a fait mon portrait en suivant mes traits un à la fois. De mon front jusqu'au nombril, tantôt avec l'index, tantôt avec sa langue, j'ai jouis. Plus bas encore, en moi il était à présent, son prénom m'importait guère, j'ai crié un "oui" sincère, tout simplement.

J'ai senti son sexe se présenter à moi d'une candeur qui trahissait son émoi. J'ai vu sur ses joues rouler une larme de passion que je ne pouvais ignorer. J'ai recueilli la larme du bout des doigts et sur ma joue j'ai dessiné un cœur en lui parlant tout bas. «Faut pas pleurer, c'était notre destin, tes larmes m'indiquent-elles, que toute bonne chose a une fin ?» ... Ses jambes m'enlaçant, il me colla sur lui et repoussa l'inévitable vendredi. Dans le silence, il m'a chevauché, j'étais en transe. Il dansait si bien, une danse interminable, douce, profonde, prenant mes hanches pour les faire rouler au rythme de chaque courte seconde. Tombée en amour, là, mon sexe m'inonde. Emportée par cette vague lente, celle de cet inconnu sans prénom, sans attente.

Nous sommes vendredi.

29 juillet, 2008

Coup de foudre.

Je l'ai rencontré un jeudi par un chaud après-midi. C'était un pur hasard, une rencontre aléatoire. Pour une rare fois, mes cheveux était défaits, aucun maquillage, un naturel qui souvent me déplait. J'étais mal habillée, un vieux jeans et un gaminet, mes All Stars dans les pieds, bref, rien de bien coquet. Je déambulais dans l'allée des céréales, me foutant de tout, perdant mon temps, ça m'était égal ! Il s'est amené tout bonnement, nos regards se sont croisés et j'ai cru à un tremblement. «C'est ça le coup de foudre ?», que je me suis dit, il était derrière moi et je l'ai senti. J'osais à peine me retourner, il m'a vu, m'a souri, j'ai cru mourir d'une crise d'apoplexie ! J'étais si intimidée, un rouge écarlate s'est mis à me farder. Le souffle court, je suis restée là sans bouger, sentant sur mon épaule, l'insistance d'un regard que je n'osais affronter.

... Il était si beau, j'en fut tout ébranlée... C'est dans le stationnement qu'on s'est finalement abordé. Il n'a rien dit, a pris ma main, l'a posé sur son cœur qui débattait et tout doucement a soupiré un silence qui sépara nos destins... Depuis cinq jours, une heure et 9 minutes, je suis en peine d'amour sans aucune dispute.

Pas d'orage, qu'un coup de foudre, sous le soleil ardent de juillet.

23 juillet, 2008

La mort.

Elle t'attend, la mort. Elle te guette dans le noir, celle que tu ne saurais voir, la mort. Tu le sais pourtant. Elle te fait signe, te rend malade, elle te tend la main silencieusement, la mort... Tu fermes les yeux, tu te laisses aller, continue, elle va t'emporter, la mort.

Il y a un temps, tu mourrais d'amour. Maintenant, tu as le souffle court. Pas à force de courir non, juste parce que tu fais exprès de souffrir, elle est là, devant, la mort. Voilà, tu fais encore l'autruche, tête dans le sable, tête dure comme une bûche... Pourtant ! Elle aura raison de toi, la mort.

Tu malbouffes ta vie, tu vois bien que tu te détruis. Sédentaire, toi qui étais une visionnaire, tu t'es oubliée, où es-tu vraiment passé ? Tu pars un peu encore, jour après jour, jusqu'à ce que ce soit pour toujours... Couchée sur un rouge velours. Mains croisés, comme pour prier. En terre ou en poussières pour l'éternité.

Réveille toi. Bats toi bordel ! Regarde toi, ce n'est pas vrai que la vie a prit tes ailes ! Toi qui savais voler à grand bonheur déployé, sur ton sort, cesse de t'apitoyer ! ... Je n'ai plus rien à dire à présent, n'en tiens qu'à toi de te relever si tu en as le cœur, si tu veux vraiment. Vivre à présent.

18 juillet, 2008

Je te ferais...

Je te ferais l'amour
Sur un vers en Alexandrin
Poésie, gémissements sans lumières autour
Entre mes cuisses coulerait un sérum divin.

Je te ferais des caresses
Sur un divan de peau bronzée
Essoufflement, excitation grâce à tes prouesses
Entre mes seins coulerait une sueur prête à inonder.

Je te lirais des poèmes
Sur un lit de roses fanées
Beaudelaire, Nelligan en chuchotant un requiem
Entre mes mains, ton visage serait posé.

Je te ferais la cour
Sur une montagne à escalader
Violons, harpes et tambours
Entre mes yeux et les tiens, l'amour à partager.

17 juillet, 2008

T'es grand.

T'es grand. T'as presque 16 ans. J'm'ennuie d'toi, de quand t'étais p'tit, quand tu savais dire "Je t'aime maman"... Oui, t'es grand. Tu fais l'amour, tu manges du fast food, tu prends l'autobus pis tu m'demandes plus d'l'argent. T'es grand.

T'es grand. Tu penses à l'avenir, tu t'vois plus tard avec ta guitare sur un stage pis "plus tard", c'est proche de MAINTENANT. Tes bras sont plus longs, t'as d'la barbe, tu t'laisses pousser les cheveux pis ben, tu n'penses même plus à nous deux... T'es grand.

Te souviens-tu quand je jouais avec toi ? C'est vague peut-être, mais ces souvenirs sont tous pour moi... Là, on ne joue plus. Tu t'caches dans l'sous sol, tu écoutes ta musique, tu oublies l'heure où le soleil se couche et toi, tu ne te couches plus, t'es trop grand. T'as pas l'air en forme, t'es amoureux, tu deviens un homme et tu es maintenant à deux. En couple avec celle qui compte plus que tout, t'es plus là pour souper ni pour le cinéma en famille, au moins, tu n'fais pas d'mauvais coups...

Tu n'prends pas drogue, l'alcool ne coule pas dans tes veines, tu n'fumes pas, selon toi, ça n'en vaut pas la peine. Tu aimes la vie et la vie t'aime, t'as des buts, des rêves qui me rendent sereine. Je t'aime mon fils, mon enfant. Oui, tu es vraiment GRAND.

15 juillet, 2008

Lis moi...

Approche, je sais que tu es là... Tu m'espionnes, dans le noir de ta cachette. Je compte jusqu'à "un, deux, trois pour moi" et je me délivres de chacun de tes soupirs posés sur mes mots. Je sens ton souffle s'exciter sur chaque syllabe, je vois ta main se frayer un chemin sur ton corps encore trop timide pour m'apprécier.

Viens, plus près. Accote toi sur mes "A" et étends toi sur mes "L". Chacune de mes liaisons sont des virgules dans ta vie et que dire de mes points de suspensions qui savent bien faire plonger ton imagination dans un rêve ponctué de gémissements et de volupté.

J'aimerais que tu sois mon point virgule. Ma raison d'expliquer cette fragilité qui signe le mot candeur sur mon bas ventre. Lorsque je pense à toi, je me sens redevenir l'ingénue d'autrefois. Viens, pose ta main sur ton écran, que je la prenne innocemment... On pourrait rêver un moment qu'on se promène sous la pluie ou sous un torrent d'étoiles qui pourrait nous transporter, ne serait-ce qu'un instant, vers un paragraphe inventé d'une histoire de princes charmants...

Tu me suivrais sur une portée ? En clé de sol, je serais le La, tu serais le Si, et, escaladant la gamme, nous danserions la valse des onomatopées les plus jouissives qui soient. Sans tambours ni trompettes !

...Tu n'es pas vraiment là, je sais. Je t'invente de toute pièce. Produit de mon imagination, tu es mon introduction, mais je ne peux conclure sans que ça vire à la dérision. Une moquerie pour l'âme du lecteur qui se demande où je veux en venir avec mes illusions de toi que je sculpte à même mes plus grands fantasmes de pseudo écrivaine. Le développement de mon histoire se traduit par un coït qui s'interrompt faute de contenu réel... Je m'en fous. Aime moi, fabuleux personnage, du début à la fin de l'histoire, comme un mot en lettres cursives qui glisse lentement entre deux interlignes. Couche moi sur papier, froisse moi de tes doigts que ton encre gicle en moi à l'écriture du verbe aimer...

Je paraphe mon prénom sur ton corps, d'une calligraphie remplie d'envie. Envie de toi, envie de nous, envie d'un roman d'amour, d'une couverture rigide et d'une fin tragique. Je meurs, tu meurs, Juliette ou Roméo, qu'importe les héros... Pourvu que ça finisse un jour, par un point d'exclamation.

12 juillet, 2008

L'insecte.

Nuisible, tel un moustique, l'homme est parfois cruel. Ses cinq pattes (oui, cinq !) toujours prêtes à s'agripper, il n'est souvent pas invité, il bat de l'aile. Sifflant soufflant devant la beauté de dame Coccinelle, il sort son dard fier pour pouvoir allègrement la dévorer. La dame rusée et sûre d'elle, sait très bien le contourner... Marchant sur ses pattes fines, elle prétend ne pas le voir, petite rouquine !

Elle s'effeuille, dansant tout bonnement sur chaque feuille, devant les yeux de l'insecte mâle à l'extase débordant. Elle, les ailes à nu, les pois de côté et les pattes levées, elle exhibe son corps dévêtu sans broncher. Elle se caresse, le regardant, les yeux cochons, le cœur battant. Son sexe se mouille d'un nectar sucré, dégoulinant lentement pour ainsi l'exciter.

... Le moustique qui pique n'a plus ça en tête, il rêve maintenant d'un pique nique, il désire faire la fête. Goûter à ce nectar d'amour, il en rêve à son tour. La langue pendante, l'air hagard, il déambule sur la marguerite mouillée comme un nénuphar. Petits pas feutrés... Il veut entièrement la croquer. Dame Coccinelle s'agite sous la jouissance que son corps habite. Elle va et vient fébrilement, elle crie pourtant si silencieusement. L'insecte, sur cette vision magnifique, sent son dard si dur que ça en devient tragique. Il le sent, il ne peut plus résister, c'est en coeur qu'on les entend crier.

Le miel pourtant fait par les abeilles, recouvre le lit de feuille sans pareil. Ils repartent chacun de leur côté, repus, contents, mais encore assoiffés. Le sang ne se trouve pas dans le sexe seul, mais dans l'amour réciproque au parfum de glaïeuls.

10 juillet, 2008

Jamais.

Je n'ai jamais bu, jamais.
Je n'ai jamais pris de drogue, jamais.
Je n'ai jamais fumé, jamais.
Je n'ai jamais fait l'amour à une femme, jamais.
Je n'ai jamais aimé comme il le fallait, jamais.
Je n'ai jamais dansé pour de l'argent, jamais.
Je n'ai jamais osé me mettre à nue, jamais.
Je n'ai jamais sauté en parachute, jamais.
Je n'ai jamais écrit un roman, jamais.
Je n'ai jamais osé pardonner, jamais.
Je n'ai jamais complètement jouis, jamais.
Je n'ai jamais lâché prise, jamais.
Je n'ai jamais pleuré assez, jamais.
Je n'ai jamais prié, jamais.
Je n'ai jamais cru en moi, jamais.
Je n'ai jamais fait confiance, jamais.
Je n'ai jamais levé la tête, jamais.
Je n'ai jamais redressé les épaules, jamais.

Jamais ?... Faut JAMAIS dire jamais... :-)

Lui.

Il est assit à table et il écrit. Il trempe sa plume dans l'encrier, machinalement. Le temps qui passe passe, tout doucement. Le tic tac de l'horloge grand-père tic et tac lentement. Les secondes durent une minute et l'encrier se vide, imprégnant le papier d'une calligraphie antique, mais si petite que même avec ses lunettes, l'homme n'arrive pas à se relire. Pas d'inquiétude. Aucune. Quelqu'un d'autre le lira. Lui, il écrit. Ce que ses doigts lui dictent.

Encore des secondes qui n'en finissent plus de s'éterniser. Tic et retic, tac tac retac. Plus de place sur le papier. Qu'importe. L'encre glisse sur la table de bois. Du bouleau. C'est lui qui l'avait fabriquée. Il savait sûrement qu'elle servirait à cueillir son message d'adieu.

L'homme dépose sa plume, retire ses lunettes tordue par le temps. Sa main, telle un chiffon, essuie l'encre comme on essuie tout bonnement une larme après un aurevoir douloureux et se demande pour qui ses doigts lui dictaient ce dernier souffle de vie. Personne n'avait osé lui rendre visite depuis au moins une décennie.

... Le lendemain, au petit matin, sa femme le retrouva sans vie le visage marqué par des larmes dessinées à l'encre noire. Sûrement qu'Henri avait oublié d'aller la rejoindre au lit ce soir là, comme il oubliait son prénom, ses enfants, ses habits ou sa maison...

08 juillet, 2008

LE Finger !

Quand même ton ombre te fait le doigt d'honneur, tu te dois d'enlever les deux doigts de ton nez et penser à changer. Peut-être...

06 juillet, 2008

Enrobée

EnRoBée
PaR lA hAiNe
EnRoBéé
PaR CeS ChAîNes
EnRoBée
PaR dE vIeUx SoUvEnIrS
EnRoBée
De PeUr De Ne JaMaIs ViEiLLiR
EnRoBée
PaR La HoNtE dE mA FoLLe JeUnEsSe
EnRoBée
PaR uNe ÉtErNellE TrIsTeSsE
EnRoBée
PaR l'AbUs
EnRoBée
PaR L'eXiStEnCe, SaNs pLuS
EnRoBée
PaR CeLLe
QuI M'a DoNnÉ La ViE PoUr Me CoUpEr LeS AiLeS
EnRoBée
PaR Le TrOp PlEiN d'AmOuR
QuI ReStE AffAmÉ eT cE, DePuIs ToUjOuRs.

E-n-R-o-B-é-é

04 juillet, 2008

Le prix Arte Y Pico


Le prix "Arte Y Pico" nous vient d’Uruguay, créé par Eseya, jeune femme artisan d’art qui fabrique des poupées de lainage et tissus parfois naïves, parfois d’une immense tendresse, mais toujours empreintes de poésie et de cette vie magique, quasi poignante aux portes du sacré, qui anime l’ensemble de l’art populaire sud-américain .

J'ai eu l'honneur de recevoir ce prix d'une blogueuse merveilleuse que j'affectionne du plus profond de mon cœur. Rose est une femme tellement généreuse, je la remercie mille fois d'avoir pensé à moi !

Quand vous êtes à votre tour "primé(es)", voici les règles à respecter:

. -1/ Vous devez choisir le blogue que vous estimez mériter ce prix pour sa créativité, conception, matériel intéressant et contribution à la communauté de blogueurs, quelle que soit la langue.
. -2/ Chaque prix doit contenir le lien vers le blogue de son auteur pour être visité par tous.
. -3/ Chaque lauréat doit montrer son prix et remettre le nom et le lien vers le blogue qui lui a donné.
. -4/ Le lauréat doit montrer le lien de l'Art y Pico sur son blogue.
. -5/ Et afficher les règles.

Je désigne donc mon prix Arte Y Pico à une grande musicienne des mots. Je ne connais pas personnellement cette virtuose, mais elle a su m'émouvoir à plusieurs reprises. Souvent, suite à la lecture de ses billets, je reste sans mot, incapable de commenter tellement son art de raconter les choses est merveilleux. Mesdames, messieurs, je vous présente Circé.

30 juin, 2008

Entière.

Moi.
Je suis quoi pour Toi ?
Plus rien.
Rien de rien.
Ni mes seins
Ni mes mains
Rien ne t'appartient.

Tu m'ignores
Du soir jusqu'aux aurores...
Mon corps n'existe plus.
Je suis un bibelot à mettre aux rebuts.
Je prends la poussière
Notre vie m'exaspère.
Plus de bonheur
Pas le droit à l'erreur
Jamais d'amour
Aucun mot doux dans le détour.

J'ai besoin d'être aimé
Pourquoi suis-je entrain d'abandonner ?
Parce que j'ai mal d'ainsi vieillir
Sans connaître ce que ça fait de se sentir
Entière...
Entière avec la moitié qui saurait me dire "Je t'aime"
Juste une fois, tu pourrais te donner la peine ?
Mais à quoi bon, ce serait peut-être mentir ?
Es-tu seulement capable de ressentir ?

J'ai peur.
Peur d'avoir trop besoin de chaleur.
Peur qu'un jour ce sera trop
Et que je doive partir pour que tout soit beau.
À force de remplir mon coeur de pluie
Le déluge détruira tout ce qui est devant lui.

Je fais parfois semblant de sourire
Juste pour que tu ne saches pas que tu es entrain de me détruire...
À petit feu, ça ne se voit pas vraiment
Mais là, je craque, bien malgré moi évidemment.

Je n'ose même plus te prendre la main
De peur de sentir ta froideur soirs et matins.
Tu ne m'as jamais regarder dans les yeux
Le sais-tu que je t'ai aimé pour nous deux ?

Je suis seule même en ta présence
À tes côtés, je sens la lourdeur de ton absence.
J'aimerais presque que tu me laisses
Pour que je puisse crier à quel point tu me blesses.

... Mais non. Je me taie car j'ai beau répéter
Que tu ne m'aimes pas, je n'ai rien à foutre de ton semblant d'amitié
Vas, ne te retourne pas, je pars aussi
Là où peut-être je trouverai ma vraie demie...

Entière...

26 juin, 2008

L'économie.

Je constatais ça là... Le fait de ne pas baiser, c'est assez économique ! Premièrement, pas besoin de rasoirs (ce qui est aussi une économie de temps !), pas besoin de condoms, pas besoin de parfum, pas besoin d'huile à massage, pas besoin de dessous sexy, pas besoin de jouets douteux ! Bref, ça me sauve de l'argent !

... Mais ça risque de me coûter cher de psy... Oh well !

20 juin, 2008

Comment faire ?

Comment faire pour être aimé ?
Je ne dois pas savoir comment, ça m'est rarement arrivé !
Donnez-moi votre recette, j'ai besoin de me faire caresser !
Bon dieu de merde, si l'ennui pouvait bien me lâcher...

Une cuillerée de belles paroles
Avec un soupçon de banderoles
Un millilitre de tendresse
Devraient me procurer une belle caresse.

Ce n'est pas suffisant vous croyez ?
Alors dites, je tente de tout noter !
Un clin d'œil, un déhanchement ?
Me mettre toute nue, vous n'y pensez pas vraiment ?

Un soutien gorge en dentelle
Laisser tomber une bretelle
Un string, pas de string ? Une culotte garçonne ?
Prendre un accent de petite conne ?

Faire la salope ou bien l'ange pudique
Ça pourrait vraiment être stratégique !
Danser comme une effeuilleuse
Me pencher flambette, je suis trop peureuse !

Être moi même, ça fonctionnerait ?
Comment ça, ça vous surprendrait ?
Suis-je si moche ? Plate vous dîtes ?
Bah je sais, avec moi, pas de bullshit !

Vous ne m'aidez pas du tout !
Je suis aussi bien de prendre mon trou !
Vous savez que je suis abstinente ?
Tout en bas, y'a rien qui entre !

Vous avez des commentaires ?
Attention, ça pourrait ne pas me plaire !
Mais dîtes tout de même, ça pourrait être le contraire
Vous savez, vous êtes extraordinaires ! (moment têteux ici là !)

18 juin, 2008

Au delà des yeux...

Toute nue, elle est difforme.
En noir, elle n'a pas de formes.
Dans son miroir, elle est énorme.
À ses yeux, la maigreur est la norme.

La femme enfant, sans sexe, sans joie.
Celle aux yeux vides, au cœur sans aucune foi.
La fille à la main froide et à l'âme chagriné.
Celle au sang tranquille et tout glacé.

Elle se conjugue au féminin,
Mais efface ses seins du revers de la main
En se faisant vomir de tous sentiments
En crachant sa vraie beauté vers le néant.

Cette fille, est-ce un peu moi ?
Parfois, dans la glace, l'image me donne froid.
Je voudrais parfois retrouver l'enfant perdue.
Celle sans seins, sans refrain plutôt tordu.

15 juin, 2008

Dans ses yeux...

Dans ses yeux d'enfants
Je lis sa peur, je sens ses tremblements.
Enfant anxieux, enfant inquiet
Il me tend la main pour un peu de paix...

«Viendras-tu avec moi maman ?»
-Je suis là, dans ton cœur, tout le temps tout le temps...
«Je ne te vois pas, ce n'est qu'un mensonge.»
-Ferme tes yeux, là, me vois-tu dans tes songes ?

Le voilà alors qui sourit
Pour un instant, il a confiance en lui.
Mais qu'ai-je fait pour qu'il soit si peureux
Loin de moi, pourquoi n'est-il pas heureux ?

«Maman, m'aimeras-tu pour toujours ?
Maman, mourras-tu un jour ?
Maman, pourquoi me regardes-tu ainsi ?
Maman, dis que tu m'aimes, allez, dis...»

Je l'ai trop aimé, trop protégé ?
C'est mon fils, ma chair, sur moi il peut compter !
Mais jamais je ne voudrais lui causer du tort
Comment faire pour le rendre plus fort ?

«Luka ? Regarde moi mon grand...
Écoute, tu auras bientôt 6 ans.
Sois fier de ce que tu es
Arrête de vouloir que tout soit toujours parfait.

Je t'aime tellement tel que tu es devenu
Avec tes forces, tes difficultés et tes cornes d'ange cornu.
Relève la tête, retrousse tes manches et ouvre grands les yeux
Car droit devant se trouve tout le bonheur pour nous deux.»

Petit bonhomme me regarde avec étonnement
«Mais de quoi parle-t-elle ma maman ?»
-Maman parle de l'avenir
Sans ma main dans la tienne, mais pas pour te punir...

Je te guiderai en te poussant à te faire confiance
À prendre des décisions, en assumant tes choix et à faire TA chance
Tu deviendras un homme à l'estime de soi merveilleux
Maintenant, je te laisse, grandis pour nous deux.

Je t'aime...

11 juin, 2008

Pute.

Je suis une pute sans client
Une débauche pour quelques sentiments
Des baisers que pour faire semblant
Un soupir pour perdre le nord un seul instant.

Je suis une pute sans client
Qui ne demande même pas d'argent
Une caresse pour me faire croire un moment
Qu'on peut m'aimer seulement en me baisant.

Je suis une pute vieillissante
Une beauté qui descend rudement la pente
Celle d'une vie nullement trépidante
Vide, insipide, morose, dépendante.

Je suis une pute
Au sexe hirsute
Soufflant dans des flutes
Sans musique, sans un seul but.

Je suis une pute.

02 mai, 2008

Dans la cour des grands...

Vous savez tous à quel point le talent de mon ado crasseux (que j'appellerai P-O pour la cause) m'étonne et me rend fière. Voilà... Depuis hier, je tente de le convaincre de s'inscrire aux auditions de la nouvelle émission animée par Grégory Charles "Dans la cour des grands" qui sera à l'antenne de TVA en septembre prochain. Comme P-O n'a pas confiance en son talent, il hésite beaucoup. Vous voulez me venir en aide ? Vous l'avez déjà entendu jouer ? Vous avez vu un de ces vidéos ? Vous trouvez qu'il a du talent et qu'il devrait tenter sa chance ? Dites le lui en lui écrivant à l'adresse suivante : p.o.blackmoon@hotmail.com

Allez, beurrez épais ! Pour un extrait de son talent, descendez plus bas pour la vidéo "The wall". P-O est à la guitare et il fait un super solo vers la fin de la toune. Soyez patients et écoutez jusqu'au bout ! (Le jeune au drum c'est Samuel, l'enfant du milieu !!)

Merci gang !

Dans la cour des grands !

30 avril, 2008

Traduction libre.



Ado crasseux au téléphone: 'Man ? Me donnerais-tu l'horaire de l'autobus pour que je revienne à' maison ? (... viendrais-tu me chercher ?)

L'enfant du milieu: Maman, combien ça prend de temps faire une brassée de lavage ? (... j'ai pu d'linge propre !)

Luka banana: Maman, t'es la plusse pas fine ! (... occupe toi de moi !)

L'homme: Hum... t'es belle ! (... Baise moi ou donne moi 20 piastres, c'est selon !)

Bébé: Ouinnnn Ouinnnnn (sors ton mamelon que j'me connecte !)

Maman: J'm'en vais aux toilettes (Crissez moi la paix !)

28 avril, 2008

Quand je serai grande...

Ça y'est ! J'ai laissé mon boulot. Fuittttt, au rancard l'emploi, finito la sécurité financière, adieu le compte de banque tout plein de fric qui s'accumule pour un avenir incertain ! Bye bye stabilité, bonjour nouveaux projets... Justement, quels nouveaux projets ?

Quand je serai grande, je serai... euh... ... ... J'ai 36 ans, toutes mes dents (avec un appareil à 5 600 dispendieux dollars broché dessus) et aucun projet d'avenir ! J'ai un bungalow (et une hypothèque), 4 marmots et un chum. On peut dire que je suis grande ouais, alors faudrait que ça se décide là, maintenant ! Qu'est-ce que je fais ?

J'ai toujours voulu d'un boulot qui ne rime pas avec la routine. Suggestions ? ... J'ai pensé à faire des téléphones érotiques, ma voix de môme pourrait bien attirée tous les hommes qui rêvent d'une jeune biquette pas encore rendue à la phase des boutons ! ... Bah, je vais y penser... Mais même ça, voudrait-on m'engager ?

Je n'ai aucune idée ! Caissière, pas d'expérience ! Laitière, hum, ça oui, vache laitière depuis 6 mois... Comment ça ça ne compte pas comme de l'expérience ? ... Euh, serveuse, lutteuse, danseuse ? Argh, comment s'y retrouver à travers tous ces métiers ?

Je ne sais rien faire à part peut-être être chiante professionnelle et mère fatiguante à temps plein ! Ah, j'ai certainement quelques qualités, mais rien qui ne pourrait intéresser un patron qui se cherche une employée ! Merde ! Quelqu'un s'improviserait orienteur ici ???? Je vous avertis, je ne peux pas payer ! Quoi ? Faut économiser !

25 avril, 2008

Je ne suis pas ...

Je ne suis pas sympathique. Je souris rarement, le regard des gens m'agace et leurs bonjours m'énervent. Je parle peu, je hoche parfois la tête et je grogne en signe d'approbation.

Je ne suis pas gentille. La gentillesse m'énerve, c'est têteux d'être gentil. Les gentils sont contents et je ne suis jamais contente. Être content est un état éphémère. L'air bête lui, reste.

Je ne suis pas douce. Je suis rude. Ça règle la question.

Je ne suis pas calme. Je suis mélodramatique. J'aime crier et taper du pied. Malencontreusement, on ne m'aime pas beaucoup. Je ne comprends pas. Je mets du piquant.

Je ne suis pas simple. Être simple serait trop complexe.

Je ne suis pas vaillante. Paresseuse. Voilà tout.

Je ne suis pas parfaite. Je hais les parfaits; ils sentent trop bon.

Je ne suis pas radieuse. Faudrait pas me prendre pour le soleil.

Je ne suis pas brève. Vous voyez bien, je continue à écrire...

Je ne suis pas occupée. C'est pour ça que j'écris.

Je ne suis pas votre amie. Vous ne m'appréciez pas. Alors pourquoi lisez-vous ceci ?

Je ne suis pas une fille. Qui suis-je alors ? Cessez de chercher.

Je ne suis pas un animal. Mais je mords.

Je ne suis pas libre. Ne m'envoyez pas de demande en mariage.

Je ne suis pas une poire... Bon, peut-être à certains jeux...

Je ne suis pas perplexe. Au fait, qu'est-ce que ça veut dire ?

Je ne suis pas merveilleuse, même si selon mon copain, mon cul est la 8e merveille du monde.

Je ne suis pas sérieuse... ... ... Il m'arrive parfois d'être gentille !

ahhhhhhhhhhhhhhhhhh !

23 avril, 2008

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Le livre est désactivé. F-I fi, N-I ni ! Terminées les stupidités, ça suffit ! Argh, j'en avais marre de tous ces jeux vilains sur le sexe ou des demandes pour faire la vague en lançant des gâteaux au fromage tout en devenant fan de vedettes populaires ! Bref, je voulais simplement vous en aviser... Je pars souvent en sauvage... quessé qu'vous voulez ? ...

22 avril, 2008

Prendre un train...


Prendre le train, celui du sommeil, celui qui bercera vos rêves les plus doux et chassera vos cauchemars les plus sombres...

Prendre le train, celui du succès, celui qui vous apportera prestige et valorisation, réseau professionnel et socialisation !

Prendre le train, celui de la famille, celui qui apportera des responsabilités indéniables, mais tellement d'amour et de partage...

Prendre le train, celui de l'amitié, celui qui roulera vers la confiance, la loyauté. Un train constant, sur lequel vous pouvez compter...

Prendre le train, celui du désir, celui qui roulera à cent mille à l'heure sur une route tumultueuse et sinueuse. Route exaltante assurée !

Prendre le train, celui du bonheur, celui qui ne mène nulle part, mais partout ailleurs ! Un train nommé plaisir, celui qui comblera tous vos soupirs...

Prendre le train, celui que vous voulez. Dites moi, dans lequel désirez-vous monter ? Peut-être sauriez-vous en inventer un confortable, le train parfait pour satisfaire VOTRE grand voyage ?

Photo: John Boyd

17 avril, 2008

Le journal d'Émeline, la fin...

Pour lire les trois autres parties, descendez plus bas...

Mai 1992


Une toute petite poussière d’ange au creux de mon ventre. Je n’ai plus peur. Je n’aurai plus jamais peur. Enfin, je vais pouvoir l’écouter. Je vais pouvoir l’aimer. Aimer pour vrai. Inconditionnellement. Je vais pouvoir jouer avec lui, de vrais jeux d’enfants. Apprendre. Lui apprendre à être fort. Il m’apprendra ce qu’est l’innocence d’un enfant. La beauté du monde à travers ses yeux naïfs, je la découvrirai à mon tour. Grâce à lui, mes bras s’ouvriront.

1992

Je le sens bouger. Ses petites ailes de papillon qui battent pour me saluer. J’aurai un fils. J’élèverai un homme. Un grand homme.

Hiver 1993

Ouf ! Je n’ai plus beaucoup de temps pour souffler ! Il est là, le tout petit bout de vie... Le plus beau trésor. Mon plus grand amour. À moi. Fusion... Symbiose... Je ne voudrais jamais m’en séparer.

1994

Il marche ! J’ai peur de le perdre. Il quitte mes bras, il devient grand. Il a moins besoin de moi. C’est trop difficile. Reviens-moi...

Ton papa ne comprend pas. Il semble que je le néglige. Nous sommes trop près toi et moi. Tu comptes trop je crois. Il n’y a plus de place dans mon cœur pour quiconque je crois. Je t’aime. Je t’aime trop fort...

1995

Ton père est parti. Il veut t’amener avec lui. Non, jamais, je préfère mourir. Il n’a pas le droit. Tu es mon fils, une partie de moi. Non, pas encore, ne m’enlevez pas encore une partie de moi... Déchirée. Je suis brisée. Les orages dans ma tête s’en viennent. Le tonnerre gronde. Attention ! Le gris. Le temps s’arrête. Tic tac tic tac, la bombe est réamorcée. Je pars. Bulle. Dans ma bulle je m’envole. Pour où ? Mon fort. Mon bébé ne peut pas venir avec moi. Il a besoin de liberté. Mes mains sur mes oreilles, de toute façon, je ne pourrai l’écouter.

1998

Bonjour cher journal. Je t’ai retrouvé, au fond d’une vieille boîte de carton poussiéreuse. Contente de te revoir après toutes ces années. Je ne t’ai pas relus. Le passé reste passé. Je vais bien... J’ai le corps trop petit, les yeux trop en amandes, le nez trop large, les tâches de rousseur trop apparentes, les cheveux trop ternes, le teint trop pâle, les bras trop longs, les dents trop croches, la taille trop fine et les pieds trop puants !!! Mais JE VAIS BIEN !!!

Mon fils a maintenant 5 ans. Il a commencé la maternelle. Il n’a pas eu peur des nouveaux corridors, il s’est rapidement fait des amis. Il marche la tête haute et regarde les gens droit dans les yeux. Il m’étonne toujours par l’intelligence de son regard et par la vivacité de son esprit. Je l’aime toujours autant, mais mes bras sont grands ouverts pour le laisser voler sans le mettre en cage. Je n’ai plus peur pour lui. Et surtout, je n’ai plus peur pour moi...

Je vis seule. Sans béquille, sans armure. Mon château fort s’est écroulé. Moins de barrières, que, peut-être, de belles clôtures de fer forgé ! Mon jardin est à nouveau fleuri...

2002

Salut ! J’ai 30 ans ! 30 ans, c’est long ? Non... Le temps file à la vitesse d’un éclair quand il est parsemé de bonheur. Quelques fleurs ont été cueillies, joliment. Délicatement. Mon jardin est rempli de vivaces. Ça repousse à chaque printemps. Plus fortes, plus belles à chaque année. Mon fils aura bientôt 10 ans... Aucun orage, quelques petites pluies fines. Le soleil est là pour rester.

J’ai rencontré un homme. Il est bien. Il me fait plaisir.

Été 2002

Il fait beau, il fait bon ! J’aime me promener au bord du fleuve. C’est calme, on y pense tranquille. Ma solitude me comble encore, malgré tant d’années. L’homme qui était bien est toujours aussi bien. Il demeure chez lui, moi chez moi. Nous nous voyions de temps à autre, quand notre solitude nous pèse lourd.

Mon fils va bien. Être mère à temps partiel n’est pas toujours facile. La garde partagée est un style de vie plutôt compliqué. L’important, c’est qu’il soit heureux. Il l’est.

Printemps 2006

T’avais-je remisé au fond d’un tiroir mon cher journal ? Tu es poussiéreux et délaissé. Refermé sur mes souvenirs, tu m’aides à les effacer...

Que le temps a passé ! 4 ans depuis que mon dernier monologue a été gribouillé sur tes pages ! Depuis, mes ailes sont toutes grandes déployées: j’ai fondé ma propre compagnie de théâtre de marionnettes. Elles sont magnifiques ! J’écris les textes et j’ai engagé des marionnettistes extraordinaires qui rendent chacun des spectacles toujours de plus en plus magiques. Moi, depuis 2 ans, je joue le rôle d’«Émeline la pas fine» dans un spectacle qui roule à merveille ! De voir les yeux des enfants s’illuminer devant l’histoire que j’ai créer me comble totalement. Je vole...

2008

J’ai 36 ans ! Je me sens un peu comme si les chiffres devaient être inversés: 63 ans !!! Je suis épuisée. Mon corps ne suit plus ! Un peu de repos me ferait peut-être du bien. Quand j’arrête tout, tard le soir et que le silence laisse la place à la musique que me joue mon corps, j’ai l’impression qu’un concerto est entrain de se préparer. Mon corps me parle, mais il doit parler chinois car je n’y comprends rien ! C’est sans doute seulement la fatigue. 36 ans... C’est long ? Non... 40 ans approche. À 40 ans, la musique se fera toute douce et harmonieuse...

2010

2010 !!! Quand j’étais petite, je ne croyais jamais vivre jusque là ! Nous ne portons pas encore de camisoles de l’espace et on vit encore les deux pieds sur terre ! Les voitures ne volent pas et l’amour existe encore ! Mon fils est amoureux d’ailleurs. Il a 17 ans mon grand. Mon merveilleux grand chanceux d’avoir trouvé l’amour.

Je suis encore seule. Bof ! À 38 ans, je commence à m’y plaire. Vieille fille ! De toute façon, fatiguée comme je le suis, je ne serais pas de très bonne compagnie. Je ne travaille presque plus, je dors beaucoup... À 83 ans, c’est normal d’être épuisée !!! Ha ha ! Mais, j’y pense ! Ai-je donc oublié de fêter mes 40 ans ?

6 avril 2012

J’y pense... Je n’ai jamais fêté mon anniversaire ! Jamais. Bien entendu, j’ai déjà reçu des cadeaux, mais fêté ma fête, ça, non, jamais. C’est évident que quand il n’y a personne autour qui conjugue le verbe aimer en pensant à vous, c’est peu probable de faire la fête en groupe !!! Personne... Ouais, personne... J’ai finalement jamais été écouté non plus. Finalement, c’est peut-être eux qui vivaient avec les mains sur les oreilles ??? Je me suis tellement inquiété pour tout le monde, moi, Émeline avec le corps trop petit, les yeux trop en amandes, le nez trop large, les tâches de rousseur trop apparentes, les cheveux trop ternes, le teint trop pâle, les bras trop longs, les dents trop croches, la taille trop fine et les pieds trop puants !!! Mais est-ce que lui ou elle ou eux se sont déjà inquiété pour moi ? Non... Émeline est forte comme Hercule ! Elle a guéri toute seule. Pas de psy, pas de pilules, rien ! Que ses ailes pour la sortir de sa bulle de verre et l’aider à enterrer les souvenirs qui ont meurtri sa vie...

J’ai accroché mes marionnettes. J’ai dit au revoir à mon fils. J’ai donné mes instructions à son père. J’ai salué mes parents, j’ai pardonné à mon frère. J’ai fait acheté un gâteau par mon infirmière. Demain, c’est ma fête. Mon anniversaire. Je vais fêter ça en grand. Demain, je pars. Je porterai mes ailes des grandes occasions. Je ferai un long voyage. 40 ans ! J’en ai tellement rêvé ! Le grand jour... Je fermerai les yeux doucement et je laisserai le vent me guider. Le doux murmure du silence éternel, la paix, le sommeil... Plus de bruit. Mon cancer m’emporte et me mène vers la liberté tant espérée. La liberté... Salut journal, je te referme à tout jamais. Garde mes plus beaux secrets et oublie tous mes noirs souvenirs et veille sur mon seul grand amour, mon fils, celui pour qui ma vie a servi...

Émeline, 40 ans et enfin libre.