14 mai, 2010

La mort du sale menteur.

Pedro était un sale menteur. Il déambulait à travers ses journées comme si elles étaient des nuits, il se prenait pour James Bond alors que tout pour lui était fortuit. Il était un gars bien ordinaire avec des mensonges extraordinaires, ce qui faisait de lui en fait, un être EXTRA ordinaire ! Il était convaincu que personne ne savait que sa langue était fourchue et que son nez était parfois beaucoup plus pointu. Il continuait de raconter les mêmes chansons. Non mais à quoi bon dire la vérité lorsqu'il est bien plus marrant de tout inventer ?

Seul sur son île lorsqu'il jouait de la guitare, Pedro restait pensif, le regard hagard. Il savait que dans son jardin secret, il cultivait de petits et grands remords et que c'était aussi à lui qu'il causait du tort. Peut-être que dans sa propre vie, il était si malheureux qu'il s'écrivait des histoires sans fins pour paraitre moins peureux ? Trouillard face à l'avenir qui se préparait, plus jamais peinard sur ses lauriers qui lui plaisaient... Maintenant, il était temps de devenir grand, un vrai petit homme, Pinochio imprudent !

Il a laissé derrière son frère, sa mère et ses camions et puis il s'est mis à composer des chansons. Des chansons de bière et de sexe gratuit, une copine étoile de mer dans laquelle il crache sans bruit. Il a les clés d'une voiture qui ne lui appartient pas, qui lui sert de môtel ou d'appât à nanas. Roule, roule ton char grand Pinochio, jusqu'à Québec ou jusqu'à ce que le réservoir soit à sec. Roule, mais tu ne te sauveras pas, l'âge adulte est au prochain tournant, jamais tu ne l'éviteras ! Ferme tes yeux, retire ton pied de l'accélérateur. Ouvre tes yeux, te voilà majeur.

Pinochio joue une jolie gamme. Dans ses yeux bruns voguent des tas de larmes. Voilà qu'elles coulent sur ses joues d'enfant perdu, celles là même que sa mère avait déjà mordues. Mordre d'amour son petit bébé, celui qu'elle a toujours voulu protéger... Pinochio brouillonne maintenant sa plus belle composition. Elle parle de maturité, de travail, d'acharnement et d'opportunités. Il veut créer en toute liberté, mais avant tout, il a soif de vérité. Le sale menteur restera sur l'île, il clame sa mort, voilà, ainsi soit-il.

Pedro regarde le fleuve qui l'a vu grandir, se lève d'un bond, pose sa guitare et se met à rire en regardant nulle part. Plongeant ses mains au fond de ses poches, il retourne voir son frère duquel il était si proche. Pour le serrer peut-être ou seulement pour se rassurer, qu'il reste encore en lui, un once du petit garçon gâté... Ne vieillis quand même pas trop vite petit Pedro de bois, car tes histoires dures à croire sont quand même drôles parfois...

3 commentaires:

Jean-Francois a dit…

c'est pas mal ma cocotte

SP4M: a dit…

Les Yeux: Oh tu as recommencé à écrire Lyne ! :D

Lyne-la-lune a dit…

J-F: Ça fait un bail ! Ben oui, je barbouille c'Carnet de temps à autre ! Merci d'être passé ! :)