30 mars, 2010

Petite...

Elle était assise devant son écran, un air morose étampé au visage. Elle se repassait en boucle des images obscures de filles troublantes, de filles troublées, de filles pénétrées au plus profond de leurs âmes par des fouteurs de troubles. Elle était en plein dedans.

Sur ses doigts, encore des traces de ses branlettes. Elle avait connu Maksim et puis Shawn et encore plus celui dont elle n'avait jamais connu le prénom. Celui aux yeux aussi insistants que son sexe qui lui bombardait le coeur à chaque coup toujours plus convainquant. Dans une même soirée, elle avait goûté, avalé, s'était fait rouer de coups avant, arrière, avec ou sans objet et que dire du rideau de merde qu'on lui avait glissé devant les yeux peut-être pour qu'elle oublie à jamais que ce soir là, elle n'était pas aimée.

Ses mains sur ses seins, elle observe. Il y a Bianca qu'elle trouve plutôt jolie avec son soutient gorge violet et son air naïf qui en demande encore. En ouvrant un autre onglet, elle s'installe une ambiance et, en sourdine, d'un clic, elle se laisse hanter par un blues presque mécanique. Re-clic vers Bianca. Ferme les yeux et prie. Son Dieu mescaline, hallucine... Elle retire son jeans et toujours les yeux fermés, elle caresse ses cuisses asséchées par tant de décharge masculine qui grafigne la mémoire de cette enfant blessée. En laissant tomber le denim sur ses Converse rose bébé, elle ouvre ses yeux épuisés et regarde toujours Bianca qui se fait pénétrer par trois collégiens ravis. En versant une larme, elle glisse son doigt à l'intérieur d'elle et crie de douleur car c'est tout ce qu'elle connait. Elle rêve à celui qu'elle aime, mais qui ne l'aime pas parce que comment aimer quelqu'un qui n'existe pas, enfin, pas vraiment...

En se caressant encore, elle feint la jouissance en même temps que cette même musique lancinante transperce son écran. Il y a Bianca qui danse sur le blues aussi mécanique que cette fausse danse ludique et il y a elle qui mouille autant son visage que son jardin infidèle. Elle, l'ange noir, elle qui à chaque soir devient une autre pour faire semblant de vivre, semblant d'aimer et d'être aimée. Elle qui fume sa vie et qui boit du fort pour s'ériger un fort autour de sa fragilité.

Devant Bianca qui rit, elle s'injecte son dernier adieu et nue, elle mourra seule, petite quand même.

4 commentaires:

Chelsey a dit…

Touchant...

Un petit mot...Je sais que ce n'est pas très original mais c'est la seule façon afin de vous faire connaître mon projet hors-du-commun.
Au plaisir de vous y voir!

Nicolas a dit…

C'est comme si toutes les filles ne jouissaient pas dans tes textes.

Lyne-la-lune a dit…

Nico... Es-tu saoul ou bien tu n'as crissement rien compris ?
:-)))

David Gendron a dit…

Eh bien, je viens de découvrir ce blogue, j'y reviendrai...