Je me souviens. L'école secondaire, la place publique. Moi, toute seule dans ma gang qui n'existait que dans ma tête. Je me souviens, de Mats Naslund, des soirées passées à étudier tandis que les autres allaient danser au 13e ciel. Bien sûr, ils me l'avaient demandé, mais je préférais la solitude, la seule qui savait calmer mon anxiété.
Je me souviens. De mes coupes de cheveux horribles, de mes blouses évasées, de mes sandwiches au thon mouillées et de mon fond de casier immaculé. Je me souviens, des regards des autres qui me croyaient bollée, de ma gêne que je tentais de cacher. Je me souviens du garçon que j'ai tellement aimé, celui là même qui m'a aussi fait pleurer pendant plusieurs années. Martin.
Je me souviens. Les couloirs de St-Ex, de mon désir de réussir, d'aller loin, de ne jamais me permettre une seule erreur... Je me souviens d'avoir souffert, d'avoir eu peur à en vomir... Je me souviens de m'être tu lorsque j'aurais voulu crier...
Quand je te regarde Luka, je me souviens. Dans tes yeux, je vois les miens. Ce même regard, ce manque de sécurité. Lorsque tu pleures parce que la perfection n'est pas atteinte, je ressens ton mal, oh oui, je me souviens... «Ch'suis tanné des consignes maman ! » - Des consignes, tu en auras toute ta vie mon grand ! « Alors, j'ai hâte de mourir... » ... ... ... ...
Tu te souviens... Tu es né, il t'a regardé, il a eu peur et il a cessé de t'aimer... Je me souviens, du jour de ton premier anniversaire, de tes premiers pas tardifs et de l'annonce que tu étais différent... Tu te souviens que les garçons ne t'aiment pas parce que tu ne joues pas comme eux, qu'ils te traitent de bébé parce que pour toi, c'est si facile de pleurer.
Mais moi, je me souviendrai d'une chose; c'est que je t'aime, inconditionnellement et que pour toi, je vaincrai mon anxiété, ma peur du passé et que je regarderai, droit devant, afin de t'assurer une vie meilleure, un droit à l'erreur et une volonté à pouvoir tout te pardonner.
01 février, 2009
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8 commentaires:
Le 13e ciel...
Wow... c'était complètement effacé de mon esprit ça.
Wow...
Si seulement ma mère s'exprimait comme toi.
je la comprendrais peut-etre, chose que je reussirai jamais à faire.
mais tous ces textes que tu t'écris ou que tu nous écris me rendent de plus en plus impatients d'être parent. Pour jeter un regard différent sur ma vie?
C'est merveilleux cette volonté dépasser tes limites et évincer tes démons pour éviter que ton enfant n'en soit victime. Il peut apprendre de ton expérience, c'est le plus grand cadeau que tu pourra lui faire.
Que dire à une maman qui peu donner sa vie pour son enfant.
A cette maman qui as un coeur qui meme briser se bat pour que son fils vive une vie meilleur, une vie qui ne seras pas toujours facile, une vie avec des barrieres.
Mais une maman qui seras la pour abbatre ses barrieres, le bercer sur son coeur, essuyer ses larmes.
Lui donner la force de ce battre pour avancer.
Alors a cette maman mes prieres, mes pensées, vont vers toi .
Avec toute mon amitier Renée xxxx
Trop touchée, je manque de mots...
-xxx-
Si joli ce texte, comme le cri primal de la mère...
-xxx-
La différence, la MAUDITE différence.
Nous vivons dans un monde qui la regarde froidement ou, pire, qui l'ignore.
Dans le monde des ados, c'est encore plus cruel. Comme dans le monde animal, la différence est rejetée, mise de côté. Mais je NE VEUX PAS croire qu'il n'y a rien à faire...si tel est le cas; je démissionne sur le champ.
Je me batterai toujours pour la différence.
Courage XX
Bravo à toi pour ce texte magnifique.
La différence ben oui il y en a partout si seulement dans les écoles plutot que de les habillés en uniforme pour que soit disant il y ai moin de différences (même au public) nous apprenions au enfants le respect des différences que ce soit la couleur, l'orientation sexuelle, les religions, les handicaps aussi banal que l'asthme et j'en passe...Mais les parents ou sont ils maintenant pour leurs enfants oufff...que de questions
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