15 août, 2008

Le banc de parc.


Il accueille des adolescents entrelacés, des couples entrain de se chamailler. Des parents qui admirent leurs petits entrain de jouer et des voyous prêts à tout casser. Sur un banc de parc, le vieillard prétend se reposer, mais il ne cesse de se remémorer ses histoires du passé. Un vieux banc de parc.

C'est plein de souvenirs. Des lettres entaillées à coup de clé, des "I LOVE UNTEL" ou des "FUCK YOU" signés par "manche-de-pelle". Un banc, c'est un échappatoire pour un homme lassé d'être à la maison, c'est un rendez-vous pour les infidèles qui ne désirent pas de guérison. Un beau banc de parc.

C'est un lit. Inconfortable pour celui qui désire y faire l'amour, mais une nécessité pour le sans abri bien mal pris dans le détour. À Montréal ou Paris, le banc écoute sans faire de bruit.

Il décore. Avec son fer forgé ou couleur or. Une beauté dans un champ de poubelles, un goéland qui y dépose ses ailes. Un pigeon au parc Lafontaine, un banc sur lequel est assis celui qui le nourrit.

"Te souviens-tu lorsqu'on s'est rencontré ? Sur ce banc, tu m'avais amené. On s'était raconté nos vies, même sous ce ciel couvert de gris. C'était au parc Pie XII, on avait 13 ans. Sept ans après, tu devenais le père de mon enfant... Le temps passe, le banc est toujours là. Tu n'y es plus, mais l'enfant un jour s'y assoira. Notre banc de parc."

6 commentaires:

Miss Fadette a dit…

J'aime beaucoup ce texte. :)

Boutdenain a dit…

J'aime ce texte aussi.
Quand je m'assoit sur un banc de parc ça m'arrive de me demander combien de p'tits gars comme moi s'y sont assis.
10, 12?
(Quinze!)
Y'a tellement peu de bancs en banlieue aussi. On dirait un refuge. On marche pendant deux heures pour enfin trouver quelque part où se reposer les pattes. On la mérite notre petite pause.

Calliopé a dit…

Les amoureux qui se bécottent sur les bancs publics, bancs publics, bancs publics.... (G. Brassens - j'adore :)

Megane a dit…

Un banc c'est aussi une coque de navire dans une position un peu contrariée et allourdie par se pieds de fer, mais tout aussi apte que ceux que l'on voit sur les océans à naviguer sur le temps et les vies avec nos histoires en guise de voilures

Cam a dit…

Banc de parc, je t'ai tant aimé, que j'en ai mis un dans ma cours. Ce n'est pas toi, mais il te ressemble et chaque fois que je vais m'assoir au fond de mon jardin, je pense à toi et à tout ce que tu m'as fait vivre. Et quand il pleut, je te regarde à travers la fenêtre, entre deux gouttes de pluie qui perlent et glissent sur le verre, comme pour te montrer, que tu n'es plus seul.

Merci pour ton inspiration qui, tel de l'essence de grande valeur me rempli jusqu'au bouchon.

Très beau texte d'une perdue au beau milieu d'un parc.

elPadawan a dit…

très beau et très touchant, ce texte...