01 août, 2008

C'était un jeudi...

Hier, nous étions jeudi. À la même heure, je suis allée faire mon épicerie. C'est le cœur haletant que j'ai attendu dans le stationnement. Le vert de mes yeux clignait d'espoir de le revoir. C'est avec un peu de retard que j'ai enfin pu recroiser son regard. Il a garé sa voiture, en est sorti avec une fière posture. J'hésitais à sortir, c'était trop beau, mais comment pouvais-je me contenir ? Je l'ai laissé avancer vers l'allée, la même que jeudi dernier. Il y fait un boulot, il compte des boîtes de céréales, je ne sais trop ! Tout-à-coup, il s'est arrêté de compter. Il s'est lentement retourné et a longuement soupiré. «Je savais que je te reverrais, m'enfin, je l'espérais !» me dit-il, en me tendant la main, l'air en paix. J'étais presque figée, muette, je pris sa main pour peut-être m'empêcher de trembler. Mes yeux plongés au fond des siens aussi bruns qu'un magnifique noisetier, n'en pouvaient plus de s'y éterniser...

«Viens...» qu'il me dit tout bas. J'aurais voulu lui dire que je le suivrais jusqu'à l'infini, même s'il n'existe pas. Mes gestes trahissaient mon désir, j'étais derrière lui à dévorer son dos et à rêver d'impurs plaisirs. Mes seins ont frôlé son corps et se sont dressés juste à m'imaginer nue dans un tout autre décor. Je ne savais plus où nous étions, hypnotisée que j'étais par la situation. Cette foudre, tendre passion...

Le stationnement, ses mains sur mes joues, ses yeux, ses lèvres qui s'avancent lentement. Son souffle sur mon cou, son corps contre le mien, le tremblement de mes genoux, étourdie, je n'y comprends plus rien. Sa bouche qui rencontre ma bouche, une conversation d'amour impudique, mais rien de bien louche. J'ai bien senti les passants qui nous regardaient, mais rien autour de nous à présent n'existait. Je l'ai senti me prendre dans ses bras, comme une mariée il m'a soulevée et vers demain il m'a mené. J'ai vu la route, j'ai perdu le nord sans aucun doute...

On n'a rien dit. Je l'ai invité à s'asseoir, ce qu'il a fait et, sur lui, j'ai jeté mon sort, ravie. Je l'ai goûté comme une gourmande, amante, maîtresse d'une telle bassesse... Il a gémi je crois, tenant mes cheveux entre ses doigts. Couleur de blé, ceux ci ne voulaient même pas être libérés. J'en demandais encore... Plus fort...

Il m'a couchée comme une fleur, tendrement, sur un lit de bonheur. À mon oreille, il m'a chanté l'amour, le désir, mais ne m'a pas promis toujours. Il m'a dit que j'étais belle et, avec ses doigts, a fait mon portrait en suivant mes traits un à la fois. De mon front jusqu'au nombril, tantôt avec l'index, tantôt avec sa langue, j'ai jouis. Plus bas encore, en moi il était à présent, son prénom m'importait guère, j'ai crié un "oui" sincère, tout simplement.

J'ai senti son sexe se présenter à moi d'une candeur qui trahissait son émoi. J'ai vu sur ses joues rouler une larme de passion que je ne pouvais ignorer. J'ai recueilli la larme du bout des doigts et sur ma joue j'ai dessiné un cœur en lui parlant tout bas. «Faut pas pleurer, c'était notre destin, tes larmes m'indiquent-elles, que toute bonne chose a une fin ?» ... Ses jambes m'enlaçant, il me colla sur lui et repoussa l'inévitable vendredi. Dans le silence, il m'a chevauché, j'étais en transe. Il dansait si bien, une danse interminable, douce, profonde, prenant mes hanches pour les faire rouler au rythme de chaque courte seconde. Tombée en amour, là, mon sexe m'inonde. Emportée par cette vague lente, celle de cet inconnu sans prénom, sans attente.

Nous sommes vendredi.

8 commentaires:

Geneviève Piquette a dit…

Oufff, et moi qui pensait que tu passais maintenant juste des reprises sur ton blogue !

Lyne-la-lune a dit…

Geneviève, tu n'y avais pas mis les pieds depuis plus d'1 an ça veut dire ! Il en a coulé du temps, des mots et des histoires de toutes sortes !
;-S

Contente de te relire ici, tu m'as manqué !

Brijit a dit…

Oh Yes!!!

Poète Urbain et toi commencés à me donner l'envie de passer mes jeudi soirs à l'épicerie... ;)))

Calliopé a dit…

Tu chantes l'amour et le désir avec une telle passion :)

Dianerythmes a dit…

Depuis toujours on le dit!...
"ME JAMAIS ALLER FAIRE L'ÉPICERIE LE VENTRE VIDE!!!!!"" ;-) xx

Mon p'tit moi a dit…

J'ai chaud, et je n'ai plus envie de travailler!!!

Coquine va!! ;-)

elPadawan a dit…

pfiouuu, fais chaud, là, tout dun coup :)

Bill Cosby a dit…

Pourquoi moi quand je vais a l'épicerie avec bébé Cosby
( dit la Tornade ) la seul chose qui me cruise c'est les grand mere de 153 ans ou bien la truite pas fraiche a la poissonnerie.

Faudrait j'aille faire l'épicerie a Repentigny a va etre belle ma creme glacé rend a la maison ca va etre rendu un milk shake :)))))))))