Il est assit à table et il écrit. Il trempe sa plume dans l'encrier, machinalement. Le temps qui passe passe, tout doucement. Le tic tac de l'horloge grand-père tic et tac lentement. Les secondes durent une minute et l'encrier se vide, imprégnant le papier d'une calligraphie antique, mais si petite que même avec ses lunettes, l'homme n'arrive pas à se relire. Pas d'inquiétude. Aucune. Quelqu'un d'autre le lira. Lui, il écrit. Ce que ses doigts lui dictent.
Encore des secondes qui n'en finissent plus de s'éterniser. Tic et retic, tac tac retac. Plus de place sur le papier. Qu'importe. L'encre glisse sur la table de bois. Du bouleau. C'est lui qui l'avait fabriquée. Il savait sûrement qu'elle servirait à cueillir son message d'adieu.
L'homme dépose sa plume, retire ses lunettes tordue par le temps. Sa main, telle un chiffon, essuie l'encre comme on essuie tout bonnement une larme après un aurevoir douloureux et se demande pour qui ses doigts lui dictaient ce dernier souffle de vie. Personne n'avait osé lui rendre visite depuis au moins une décennie.
... Le lendemain, au petit matin, sa femme le retrouva sans vie le visage marqué par des larmes dessinées à l'encre noire. Sûrement qu'Henri avait oublié d'aller la rejoindre au lit ce soir là, comme il oubliait son prénom, ses enfants, ses habits ou sa maison...
10 juillet, 2008
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3 commentaires:
Encore un texte touchant.
C'est tellement bon s'que t'écris là !
Ouff.... j'en ai des larmes à te lire...
xoxoxox
Quand on ne fait qu'écrire...
Est-ce que l'écriture vaut vraiment ce sacrifice?
Tellement.
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