Approche, je sais que tu es là... Tu m'espionnes, dans le noir de ta cachette. Je compte jusqu'à "un, deux, trois pour moi" et je me délivres de chacun de tes soupirs posés sur mes mots. Je sens ton souffle s'exciter sur chaque syllabe, je vois ta main se frayer un chemin sur ton corps encore trop timide pour m'apprécier.
Viens, plus près. Accote toi sur mes "A" et étends toi sur mes "L". Chacune de mes liaisons sont des virgules dans ta vie et que dire de mes points de suspensions qui savent bien faire plonger ton imagination dans un rêve ponctué de gémissements et de volupté.
J'aimerais que tu sois mon point virgule. Ma raison d'expliquer cette fragilité qui signe le mot candeur sur mon bas ventre. Lorsque je pense à toi, je me sens redevenir l'ingénue d'autrefois. Viens, pose ta main sur ton écran, que je la prenne innocemment... On pourrait rêver un moment qu'on se promène sous la pluie ou sous un torrent d'étoiles qui pourrait nous transporter, ne serait-ce qu'un instant, vers un paragraphe inventé d'une histoire de princes charmants...
Tu me suivrais sur une portée ? En clé de sol, je serais le La, tu serais le Si, et, escaladant la gamme, nous danserions la valse des onomatopées les plus jouissives qui soient. Sans tambours ni trompettes !
...Tu n'es pas vraiment là, je sais. Je t'invente de toute pièce. Produit de mon imagination, tu es mon introduction, mais je ne peux conclure sans que ça vire à la dérision. Une moquerie pour l'âme du lecteur qui se demande où je veux en venir avec mes illusions de toi que je sculpte à même mes plus grands fantasmes de pseudo écrivaine. Le développement de mon histoire se traduit par un coït qui s'interrompt faute de contenu réel... Je m'en fous. Aime moi, fabuleux personnage, du début à la fin de l'histoire, comme un mot en lettres cursives qui glisse lentement entre deux interlignes. Couche moi sur papier, froisse moi de tes doigts que ton encre gicle en moi à l'écriture du verbe aimer...
Je paraphe mon prénom sur ton corps, d'une calligraphie remplie d'envie. Envie de toi, envie de nous, envie d'un roman d'amour, d'une couverture rigide et d'une fin tragique. Je meurs, tu meurs, Juliette ou Roméo, qu'importe les héros... Pourvu que ça finisse un jour, par un point d'exclamation.
15 juillet, 2008
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6 commentaires:
Ouff, quelle urgence magnifique dans ce texte!
J'adore! xoxox
Ah :) Je suis en extase d'avoir lu ce texte, c'est si joli.
xxxx Gros bizou
quel joli texte... voluptueux :)
Wow! je suis tout simplement sans mots... j'ai littéralement bu tout ces mots tout au long de ma lecture.
Je dirais même que ça a égaié ma journée ,merci ;)
Merci d'être venu dans les parages ;)
et j'approuve tous ces jolis commentaires car ce texte est vraiment magnifique
Merci à vous... Ça me touche vraiment de lire tous ces bons mots !
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