29 juillet, 2009

Reach out, touch me...

J'étais dans un café. J'adore le café. Les murs étaient d'une couleur ambrée, les lampes bergères apportaient calme et chaleur à l'endroit déserté. Seule, mon souffle me semblait même bruyant. Je pouvais entendre chacun des battements de mes cils. Tranquille.

Le plancher de vieux bois complémentait la table antique sur laquelle était posé mon bol de latte qui m'hypnotisait depuis maintenant plusieurs minutes. Je laissais le temps passer en pensant à toi qui n'existais pourtant pas...

Une musique en sourdine, j'étais sortie de mon rêve bien malgré moi. "Personal Jesus" "clashait" avec l'ambiance feutrée, mais paisible, je ne cherchais même pas à savoir d'où cette nuisance venait. J'étais en transe en tortillant les mèches qui s'évadaient de mon chignon mal monté, coiffure toute indiquée pour une soirée chaude et humide d'un juillet plutôt morose.

Des pas. Tes pas, j'en étais certaine. Derrière moi. Les yeux fermés, j'écoutais. Ton souffle. Le frottement de tes vêtements qui s'approchait. La musique qui s'intensifiait. Un écouteur de Ipod dans mon oreille, je pouvais maintenant "reach out and touch you"...

Ton bassin sur le dos de ma chaise, tes mains sur mes épaules qui parcourent le court chemin vers ma nuque dénudée. Tes doigts qui enlèvent une à une les épingles pour laisser trainer mes cheveux jusqu'au bas de mes reins. Tes lèvres qui sillonnent en un long "S" interminable mon dos qui ne s'est pas encore retourné pour te saluer. Non, je ne te vois pas, mais je frémis.

Tes bras m'indiquent de me lever. Je me laisse guider vers le mur de briques rouge ardent. Plaquée contre le mur, je sens la passion m'envahir. Tu empoignes ma crinière dorée et par ton désir, tu te laisses emporter. Ton sexe sur mes fesses m'indique que l'envie est plus forte que tout.

Tes lèvres me baisent, partout... Je sens ton souffle devenir de plus en plus chaud à mesure que ton sexe devient de plus en plus dur. Tes doigts défont les boutons de mon jeans et ta main s'y glisse pour aller doucement cueillir la chaleur du feu brulant que tu as allumé. Tes doigts en moi, j'en mourrais d'envie. Mon corps danse une danse lascive et mes hanches roulent pour te sentir encore et encore plus profondément. Mais, tu restes toujours dans l'anonymat.

Mes jeans sur le plancher poussiéreux. Enfin. Mon corps presque nu maintenant. Je ne vois que ton dos dans un miroir non loin là bas... Je n'ai pas eu le plaisir de te dévêtir, tu l'as fait pour moi. La peau de ton bas ventre perle. Tu sens bon. Brusquement, ton corps pénètre le mien je ne sais où. Tu es en moi, peu m'importe le chemin que tu as emprunté. Une chaleur intense brûle mon bassin et tu vas et tu viens au rythme de la musique que je n'entends presque plus. Le battement de mon cœur enterre tous les sons environnants. Mes seins dans tes mains, ta langue cherchant la mienne, mon visage à peine tourné vers le tien, j'ai l'impression de t'appartenir. Chaque coup encore plus fort fait monter le plaisir. Des gouttes de pur excitation glissent le long de mes cuisses qui se tendent, tandis que tu gémis de plus en plus fort. Je te veux tout entier.

Sans perdre une seconde, je décide de te contrôler. Fini l'anonymat, je veux goûter à ton corps. Mes fesses poussent ton sexe hors de moi et je t'agrippe solidement pour venir t'assoir sur une chaise inconfortable. En te regardant d'abord droit dans les yeux, je glisse mes seins sur ton visage, sur tes lèvres, pour ensuite les mener sur ton torse. Ma langue englobe tes lèvres et s'active ensuite sur la tienne. Je te chevauche, mes fesses sur tes cuisses, mon regard dans le tien, j'insère doucement le bout de ton gland tout au bord de moi... Moi... Ma chaleur, mon humidité. Tu en trembles d'envie. Tantôt, tu n'as pas goûté à ce meilleur chemin. J'entre mes doigts doucement et ils en ressortent débordant d'un liquide que je me presse de te faire savourer. J'y goûte aussi. C'est presque mielleux. Puis, violemment, je galope sur toi comme un cheval sauvage qui se sauve à travers une prairie. Tu es ma liberté.

Comme je sens que tu pars peu à peu vers un ciel plus lointain, je me retire et j'enfouis ton plaisir tout au fond de ma bouche. Tu es tellement dur, un bonbon si doux à lécher... Tu n'en peux plus, tu pourrais presque exploser. Tu empoignes mes cheveux, dirige mon visage vers le tien et tu m'embrasses comme personne ne l'a jamais fait auparavant. Je sens ton sexe palpiter sur ma cuisse.

Le plancher accueille notre salsa endiablée et en me serrant très fort, j'entends pour la première fois le son de ta voix: "Tu es belle"... Dans un soubresaut inattendu, tu barbouilles la toile de mon ventre et du creux de mes seins de ton aquarelle couleur de neige pure qui fond sous la chaleur d'été.

... Mon regard était toujours sur mon café latte. En ouvrant mon compact pour me refaire une beauté, mon chignon était toujours mal monté, mon rouge à lèvre n'avait pas coulé. Mais qui jouait cette musique qui agaçait mon ennui ? ... Reach out and touch me...

Personal Jesus - Depeche Mode