Entends-tu ce mal de vivre ? Celui qui se vit si mal et qui n'est guère banal ? Sens-tu la grande détresse pendant que tu tresses ta vie de stress qui te presse vers la mort morte de rire ? ... Bien sûr, il y a la brise et puis le vent, mais pire encore, y'a l'ouragan. Celui qui te fait taire par son bruit, le bruit de la casse et des souvenirs qui tombent dans l'oubli.
Entends-tu le silence sans bruit ? Le bruit de l'être, celui qui sans cesse vomit la vie. Vois-tu le ciel sous toute cette pluie ? La pluie des yeux si jeunes qui traînent tous ces ennuis. Traîne tes pieds lourds jusqu'au firmament, firmament maman. Celle qui t'ouvrira ses bras en t'offrant son sein réconfortant, maternel ou bien peu apaisant. L'épouse ou celle qui te fera naître, sortir peut-être même de ton air bête.
Entends-tu les vagues de la mer ? Cette mer de merde, de mots, bouse qui parle dans ton dos. Ennemi qui t'attend avec son couteau pour te faire mal de plein fouet avec son piano. Toutes ces notes de do à do, graves, intenses ou sopranos. La musique c'est le roman de tous les maux, les mots avides de "je t'aime" pour les sots. Écoute, écoute, la chute du silence, écoute, écoute ton absence. Je suis seule, pleine de solitude. Sollicitude d'amour dans le détour.
M'entends-tu ? Entends-tu ? Mon cœur te parle, m'écoutes tu ? Je transpire de l'affection, l'infection de l'inattention, celle que tu me portes, qui me déporte hors de ta porte. Écoute, je pars avec mon mal de vivre dans mon baluchon, sur mon âme je mets mon capuchon. Voyons.
Entends-tu, je broie du gris. Du gris plus grisâtre qu'une statue de plâtre. Je suis un bibelot dans un vide musée, une poupée de cire qu'on s'amuse à faire brûler. Je rapetisse à vue d'œil, jusqu'à disparaître sans faire le deuil. Deuil de toi, de lui, de rien, deuil de ma solitude vécue pour ton bien.
Entends-tu ? Je suis partie. Tout doucement, sans faire de bruit. Entends-tu ? Tu m'oublies...
13 mars, 2009
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